Ce n’est plus un secret bien gardé : la côte du Cilento, au sud de Salerne en Campanie, s’impose comme la destination italienne qui coche toutes les cases de l’Amalfitaine d’avant le surtourisme. Falaises plongeant dans une mer turquoise, villages médiévaux accrochés aux collines, tablées interminables sous les treilles : le décor est le même que celui qui a rendu Positano et Amalfi mondialement célèbres. Mais ici, partir en randonnée à travers la région permet de croiser très rarement d’autres marcheurs sur les sentiers, difficile de faire plus contrasté avec l’agitation de certaines côtes italiennes en été.
À retenir
- Pourquoi tant de voyageurs finissent-ils par rester dix jours au lieu de trois ?
- Qu’est-ce qui rend cette côte secrète aussi différente de sa voisine mondialement célèbre ?
- Comment visiter le berceau du régime méditerranéen sans vider son portefeuille ?
Une côte qui a échappé à la mise en scène touristique
Le Cilento se situe au sud de la côte amalfitaine, dans la région de Campanie, entre le golfe de Salerne et le golfe de Policastro. Longtemps resté à l’écart des grands flux touristiques, ce territoire s’étend sur plusieurs dizaines de kilomètres de côte tyrrhénienne, adossée à un arrière-pays montagneux et rural. La géographie y ressemble à celle d’Amalfi, mais l’ambiance change du tout au tout : la Méditerranée n’y est jamais plate ni uniforme, les reliefs plongent rapidement dans la mer, les villages restent accrochés aux collines, et la côte alterne plages ouvertes, falaises calcaires et criques profondes.
Ce qui frappe surtout, c’est le rapport à la fréquentation. Là où Positano impose ses réservations six mois à l’avance et ses cordons de touristes dès l’aube, le Cilento garde une forme de discrétion, la fréquentation existe, mais elle reste très différente de celle de la côte amalfitaine voisine. Le magazine britannique Time Out lui-même a repéré le filon : la région émerge comme l’un des prochains grands coups de cœur côtiers d’Italie, avec les mêmes ingrédients que les destinations voisines plus connues, mer spectaculaire, sentiers de marche, villages charmants et cuisine généreuse. C’est précisément ce genre de séjour où l’on prévoit trois jours et où l’on finit par en rester dix, faute d’avoir envie de repartir.
Villages perchés, plages bleues et un parc national grand comme un département
L’itinéraire côtier démarre logiquement à Agropoli, une ville balnéaire avec un vieux centre, des ruelles pavées, un château perché et des plages colorées, où l’ambiance est plus simple, plus détendue, presque familiale. Plus au sud, Santa Maria di Castellabate déploie une baie en forme de fer à cheval, des façades pastel et une douceur de fin d’après-midi typiquement italienne. Le village perché de Castellabate, lui, mérite le détour pour ses ruelles tellement resserrées qu’on y parle presque à voix basse.
Côté plages, le Cilento n’a pas à rougir face à sa voisine amalfitaine, bien au contraire. La côte est connue pour ses plages immaculées labellisées pavillon bleu, comme Baia degli Infreschi, Cala Bianca ou Punta Licosa, réputées pour leurs eaux cristallines, avec du sable large et une eau calme. Un détail qui change tout pour les familles : contrairement aux plages de galets étroites de l’Amalfitaine, on trouve ici de véritables étendues de sable doré où poser sa serviette sans jouer des coudes.
Derrière le rivage s’étend un arrière-pays que peu de visiteurs pressés prennent le temps d’explorer. Le Cilento fait partie du parc national du Cilento, du Vallo di Diano et des Alburni, l’un des plus vastes parcs naturels d’Italie. Grottes, cascades végétales tapissées de mousse, châtaigneraies centenaires : la région ne se résume pas à son littoral, elle offre aussi une vraie profondeur de randonnée, à quelques kilomètres seulement de la mer.
Le berceau du régime méditerranéen, une cuisine qui ne joue pas la comédie
Ce territoire a un statut particulier dans l’histoire de la gastronomie mondiale. La notoriété moderne du Cilento s’est forgée au XXe siècle, lorsque des chercheurs se sont intéressés aux modes de vie locaux, observant une population rurale et maritime dont l’alimentation et les habitudes sociales semblaient produire des effets mesurables sur la santé, celui qu’on appelle aujourd’hui le régime méditerranéen. Un chercheur américain, Ancel Keys, y a mené ses travaux sur la longévité, faisant de cette côte modeste un laboratoire scientifique malgré elle, sans jamais chercher à en tirer une vitrine touristique.
Dans les assiettes, cela se traduit par une simplicité revendiquée : mozzarella di bufala, anchois de Menaica, pois chiches de Cicerale, huile d’olive AOP et fusilli maison composent des menus rustiques mais d’une précision redoutable. Et surtout, l’addition reste raisonnable. À titre de comparaison, louer une chambre correcte sur la côte amalfitaine en haute saison implique souvent de dépenser entre 200 et 400 euros la nuit pour un hébergement moyen, un écart de prix qui explique en partie pourquoi tant de voyageurs se rabattent désormais vers le sud de la Campanie.
Comment organiser son séjour sans se tromper
L’accès reste l’un des grands avantages de la région. Rejoindre le Cilento est simple : il existe un train direct de 2h15 depuis Rome jusqu’à Salerne, porte d’entrée naturelle vers Agropoli et les villages côtiers. Autre différence notable avec l’Amalfitaine et ses routes en lacets impraticables : contrairement à Amalfi, où conduire est déconseillé à cause des routes étroites et sinueuses, de la circulation dense et des difficultés de stationnement, se déplacer en voiture reste facile sur la côte du Cilento. Un vrai luxe pour qui veut enchaîner les criques sans dépendre des bus surchargés.
Pour un premier séjour, l’idéal reste de coupler les deux littoraux plutôt que d’opposer les deux, en passant quelques jours sur l’Amalfitaine pour cocher les incontournables, avant de filer vers le sud pour respirer. Beaucoup de voyageurs racontent la même expérience : arrivés pour une simple parenthèse, ils repoussent leur départ jour après jour, séduits par ce rythme qui n’a plus grand-chose à voir avec la frénésie estivale des cartes postales les plus photographiées d’Italie. La saison la plus clémente reste mai-juin et septembre, quand les Italiens eux-mêmes commencent tout juste à redécouvrir leur propre littoral.
Sources : masculin.com | masculin.com