À 25 minutes de bateau du port de Ċirkewwa, sur la pointe nord de Malte, se trouve Comino, la plus petite des trois îles habitées de l’archipel maltais. Contrairement aux plages de Sliema où chaque transat se négocie, l’accès au fameux Blue Lagoon de Comino reste gratuit, même s’il faut désormais réserver son créneau à l’avance pour pouvoir y débarquer.
Je vivais à Sliema depuis plusieurs mois quand j’ai fini par comprendre que je payais systématiquement pour poser ma serviette. Entre les clubs de plage qui bordent la promenade et les rares criques rocheuses accessibles gratuitement mais toujours bondées, l’expérience « mer Méditerranée » à Malte ressemble vite à un abonnement. Puis j’ai pris ce ferry vers Comino, presque par curiosité touristique. Depuis, je n’ai plus jamais remis les pieds dans un beach club sliemien.
À retenir
- Une île sans voitures accessible en 25 minutes de ferry avec une eau aussi turquoise que les Caraïbes
- Le système de réservation gratuite qui a changé les règles du jeu face à l’afflux touristique
- L’astuce d’horaire qui transforme une plage surpeuplée en havre de paix méditerranéen
Comino, l’île sans voiture qui change la donne
Comino ne compte quasiment aucun habitant permanent, pas de voitures, pas d’aéroport. On y arrive uniquement par bateau, et la traversée depuis Ċirkewwa ou Marfa, à la pointe nord de Malte, prend seulement 20 à 25 minutes et longe le littoral nord dans les eaux cristallines de la Méditerranée, en passant devant les grottes marines de Comino. Les ferries publics partent toute la journée, avec des rotations fréquentes qui permettent de rester aussi longtemps qu’on le souhaite sur l’île.
La bonne nouvelle, c’est que la baignade dans le Blue Lagoon reste entièrement gratuite. La contrainte, en revanche, s’est durcie ces dernières années face à l’afflux touristique. Chaque visiteur qui débarque au Blue Lagoon en 2026 a besoin d’un pass d’accès gratuit et pré-réservé, et en juillet-août les meilleurs créneaux disparaissent des semaines à l’avance, le système de gestion des accès de Malte limitant le lagon à 4 000 personnes en même temps, avec trois créneaux quotidiens. Concrètement, cela signifie qu’il faut anticiper, mais qu’une fois le pass en poche, personne ne vous demande votre carte bancaire pour vous allonger sur le sable.
Le coût réel de la journée se limite donc au ferry lui-même. Le moyen le plus rapide et le moins cher pour rejoindre Comino reste le ferry-navette depuis Ċirkewwa, qui circule toutes les 30 minutes en été pour environ 15 euros l’aller-retour, avec une traversée de 25 minutes. Pour une matinée entière dans une eau turquoise digne des Caraïbes, la facture reste dérisoire comparée à ce que j’ai pu débourser certains week-ends à Sliema.
Sliema et ses plages payantes : le revers du décor
Sliema a beau être l’une des zones résidentielles les plus prisées de Malte, avec sa promenade léchée par les vagues et ses immeubles récents, elle souffre d’un handicap géologique que peu de brochures touristiques mentionnent franchement. Sliema n’a pas de véritables plages de sable fin. Le littoral y est majoritairement rocheux, ce qui a ouvert la voie à la multiplication des clubs de plage privés, seule option pour profiter d’un vrai confort balnéaire.
Le Preluna Beach Club, l’un des plus connus de la zone, illustre bien le modèle économique en place. Cette oasis propose un accès aux visiteurs moyennant paiement d’un droit d’entrée, en échange de transats, de parasols et d’une piscine. Sur les plages publiques restantes, comme celle de Fond Għadir, la note grimpe vite dès qu’on veut du matériel : deux transats et un parasol coûtent 13 euros, un transat et un parasol 8 euros. Sur une semaine de vacances, la somme finit par peser lourd, surtout pour une famille.
Ce n’est pas un hasard si autant d’agences proposent des excursions en bateau au départ de Sliema vers Comino. Le problème, c’est que ce trajet-là est nettement plus long que celui depuis le nord de l’île. Sliema, sur la côte est de Malte, concentre les grandes croisières à la journée et la plupart des catamarans en petit groupe, avec des sorties full-day qui ajoutent le Crystal Lagoon, les grottes de Gozo et le déjeuner pour 35 à 45 euros. On paie donc à la fois le trajet et le confort, alors que depuis Ċirkewwa, le prix reste divisé par deux ou trois.
Le vrai calcul quand on compare les deux options
Une journée à Sliema dans un club de plage correct, avec transat, parasol et boisson, tourne facilement autour de 20 à 30 euros par personne, sans compter le repas. Une journée à Comino, ferry inclus, revient à environ 15 euros aller-retour, le pass d’accès étant gratuit. La différence ne se joue pas seulement sur le portefeuille : l’eau du Blue Lagoon, peu profonde et abritée entre Comino et l’îlot de Cominotto, affiche une transparence que les criques rocheuses sliemiennes ne peuvent tout simplement pas égaler.
Il y a évidemment un revers à cette médaille. Le Blue Lagoon reste la plage la plus photographiée de Malte, et sa petite taille en fait aussi l’endroit le plus fréquenté de l’archipel aux heures de pointe. Un opérateur spécialisé résume la situation sans détour : à l’arrivée, on débarque avec environ 200 autres personnes du même bateau sur une petite plage bondée. La gratuité de l’accès n’empêche donc pas la foule, elle la déplace simplement des transats payants vers le sable public.
Comment profiter de Comino sans la cohue
La parade que j’ai adoptée après quelques essais consiste à éviter le créneau de milieu de journée, sans exception. Il faut éviter la tranche 11h30-14h en juillet et août, le lagon devenant méconnaissable par rapport aux photos des brochures à cette heure-là. En partant sur le premier ferry du matin ou en réservant le créneau du soir, l’ambiance change radicalement.
Certains guides spécialisés recommandent d’ailleurs le tout dernier créneau de la journée, entre 18h et 22h en pleine saison, quand la lumière dorée illumine le calcaire et l’eau reste chaude bien après 19h en juillet-août, ce qui reste la meilleure chance d’avoir le lagon presque pour soi en pleine saison. C’est exactement le créneau que je réserve désormais, quitte à rentrer sur le dernier ferry du soir avec une poignée d’autres voyageurs, loin des 200 passagers du bateau de midi. Ce petit ajustement d’horaire, plus que le choix de l’île elle-même, fait toute la différence entre une carte postale surpeuplée et un vrai moment de calme méditerranéen.
Sources : imaltaboattrips.com | getyourguide.com