Pour un marché de Noël alsacien sans la cohue, mieux vaut viser des villages comme Kaysersberg hors week-end, Eguisheim en semaine, Ribeauvillé, Riquewihr un mardi ou un mercredi, ou encore les marchés plus modestes de Neuwiller-lès-Saverne, Obernai en milieu de semaine et Seebach. Les jours comptent presque autant que le lieu : la première quinzaine de décembre, du lundi au jeudi, offre une tout autre expérience que le samedi précédant Noël.
Les marchés de Strasbourg et de Colmar jouent dans une catégorie à part. Celui de Strasbourg, le plus ancien de France, remonte à 1570 et s’appelle toujours « Christkindelsmärik ». Il essaime sur plusieurs places de la ville, et ses allées aux heures de pointe avancent au rythme des poussettes.
Les villages qui tiennent la promesse sans la foule
Kaysersberg, village natal d’Albert Schweitzer, déploie son marché autour de l’église Sainte-Croix et de son pont fortifié du XVIe siècle. Le décor est médiéval, les stands sont peu nombreux et l’accent est mis sur l’artisanat local. Le village se parcourt en moins d’une heure, ce qui évite l’effet de masse.
Eguisheim a une particularité de plan : ses ruelles s’enroulent en cercles concentriques autour du château des comtes, ce qui disperse naturellement les visiteurs. Le marché y est volontairement restreint, entre fenêtres décorées et caves de vignerons ouvertes à la dégustation.
Ribeauvillé mise sur une ambiance plus festive, avec un marché médiéval de Noël installé dans le centre ancien, autour du château Saint-Ulrich et des maisons à colombages. L’ambiance y est plus rustique que sur les grandes places urbaines, avec des artisans en costume et une cuisine au feu de bois.
Riquewihr est le plus beau, donc le plus fréquenté des « petits ».
Il faut le reconnaître : ce village classé parmi les plus beaux de France attire déjà beaucoup de monde en haute saison, et son marché, installé dans une cour d’un ancien château, est étroit. Il se goûte surtout en semaine, en fin d’après-midi, quand les cars de tourisme sont repartis et que les lumières s’allument dans les rues.
Plus au nord et dans les vallées : l’Alsace des marchés d’initiés
À Neuwiller-lès-Saverne, dans le nord du département, le marché de Noël se tient autour de l’abbatiale Saint-Pierre-et-Paul, avec une tradition de crèche et de marché de Noël aux accents médiévaux. Le village reste à l’écart des circuits des tour-opérateurs, et la clientèle y est surtout locale.
Obernai, entre Strasbourg et Sélestat, propose un marché sur la place du Marché, face au beffroi et au puits des Six-Seaux. La ville est assez grande pour absorber du monde, et sa position à une demi-heure de Strasbourg en fait une alternative commode pour qui ne veut pas changer de base.
Seebach et d’autres communes du Pays de Wissembourg, à la frontière allemande, jouent la carte du marché de village organisé par des associations. On y trouve plus de bredele faits maison, de vin chaud préparé sur place et de bricolage d’école que de souvenirs fabriqués en série.
Le marché est rarement ouvert tous les jours dans ces petites communes. Mieux vaut consulter le programme de l’office de tourisme local avant de partir, car certains ne se tiennent que le week-end ou lors d’un unique week-end d’ouverture.
Quels jours viser, et comment s’organiser
La règle de base tient en une phrase : fuir les samedis et les dimanches de décembre. Les mardis et mercredis sont les plus calmes, surtout hors vacances scolaires.
La fenêtre la plus intéressante s’ouvre à l’ouverture des marchés, généralement vers la fin novembre, et court jusqu’aux alentours du 10 décembre. Les illuminations sont en place, les chalets sont garnis, et les vacances scolaires de Noël n’ont pas encore déversé les familles. La dernière semaine avant le 25 décembre est la plus chargée, tous lieux confondus.
L’horaire compte aussi. En arrivant en début d’après-midi, on profite des stands, de la lumière du jour et des parkings encore ouverts. La nuit tombe vers 17 heures en décembre, et c’est à ce moment-là que la fréquentation grimpe, avec l’allumage des illuminations.
Côté logistique, la voiture est vite saturée dans les villages de la route des vins, et plusieurs communes mettent en place des parkings éloignés avec navettes. Le réseau de TER Grand Est dessert Obernai, Sélestat, Colmar et Saverne, tandis que Kaysersberg, Eguisheim et Riquewihr demandent un bus ou un taxi depuis Colmar. Réserver une table à l’avance dans une winstub est une bonne idée, car les petites salles se remplissent dès le début de semaine en période de fêtes.
Un dernier point : plusieurs marchés des villages alsaciens ne sont pas ouverts tous les jours, et les horaires varient d’une commune à l’autre. Le plus fiable reste de vérifier les dates sur le site de l’office de tourisme concerné quelques jours avant le départ.