Les encierros de Pampelune ont commencé ce matin, mardi 7 juillet 2026, à 8 heures précises, avec les taureaux de l’élevage Fuente Ymbro lâchés dans les rues du centre historique. Jusqu’au 14 juillet, chaque matin à la même heure, six taureaux et six bœufs sonneurs dévaleront les 848,6 mètres qui séparent les corrales de Santo Domingo de la Plaza de Toros. Si vous envisagez encore de faire le déplacement pour la fin des Sanfermines, voici ce qu’il faut absolument savoir avant de poser le pied à Pampelune.
À retenir
- Pourquoi 2026 pourrait être l’année où vous devez absolument y aller
- Le secret que les taureaux Miura gardent depuis des décennies
- Ce détail que la majorité des touristes ignorent et qui pourrait sauver des vies
Un calendrier taurin très codifié
Les fêtes ont officiellement débuté le 6 juillet à midi avec le chupinazo, ce coup de fusée tiré depuis le balcon de l’hôtel de ville qui fait basculer la ville dans neuf jours de célébration ininterrompue. Le tradicional chupinazo a marqué le début des Sanfermines 2026, teignant la ville du rouge des foulards et du vin qui déborde sur les t-shirts blancs, avec des milliers de personnes qui envahissent la Plaza del Ayuntamiento. Cette année, l’honneur de lancer le cohete est revenu à deux soignants du service d’urgences de Navarre, Clint Jean Louis, médecin, et Araceli Sergio Aguilera, infirmière, tous deux issus de la sous-direction des urgences de Navarre, élus par vote populaire parmi cinq candidatures, Louis étant originaire du Kenya et installé à Pampelune depuis 1992. Un symbole assumé, tant le dispositif sanitaire reste discret mais permanent tout au long des fêtes.
Chaque journée a sa propre élevage, et ce détail n’a rien d’anodin pour qui connaît la fiesta. Fuente Ymbro a ouvert les encierros le 7 juillet, Cebada Gago prend le relais le 8, Victoriano del Río court le 9, puis viennent dans la seconde moitié des fêtes des noms très attendus comme José Escolar Gil, La Palmosilla, Miura et Jandilla. Les Miura, réputés pour leur vitesse et leur imprévisibilité, ferment traditionnellement la feria le 14 juillet. Le parcours traverse toujours les mêmes points névralgiques : Santo Domingo, la Plaza Consistorial, Mercaderes, la courbe de Mercaderes, Estafeta, Telefónica, le callejón et l’entrée de la plaza, chaque tronçon ayant sa propre difficulté selon la topographie et la largeur de la rue.
Un rituel qui n’a rien d’un spectacle sans danger
L’année 2025 a rappelé, si besoin était, que l’encierro reste une course à mains nues face à des animaux de 500 kilos. Les Sanfermines 2025 ont compté six blessés par corne, le chiffre le plus élevé depuis 2022, mettant fin à une série de 25 encierros consécutifs sans au moins deux blessés lors d’une même course, une première en plus de 40 ans. Le 8 juillet 2026, ce sont justement les taureaux de Cebada Gago qui reviennent courir, l’élevage responsable des scènes de panique de l’an dernier lorsque le taureau baptisé « Caminante » s’était isolé du groupe. Historiquement, cette date du 8 juillet porte une charge particulière : elle est marquée par le souvenir de trois coureurs qui ont perdu la vie au fil de l’histoire des Sanfermines, la première victime étant Santiago Martínez Zufla en 1924, puis José Joaquín Esparza en 1957.
La mairie de Pampelune ne cache rien de cette réalité et publie chaque année un rappel des règles. Courir n’est autorisé qu’aux personnes majeures, sans sac, sans appareil photo ni téléphone, et l’accès au parcours se fait depuis les lieux et horaires fixés par la mairie, l’entrée étant fermée à 7h30 au plus tard, voire avant si le nombre de coureurs atteint la limite de l’espace disponible. Une fois lancé, impossible de faire marche arrière : il est interdit de se cacher avant la sortie des bêtes dans des coins, recoins ou entrées d’immeubles, il faut courir en ligne droite sans se croiser ni s’arrêter devant les taureaux, et il ne faut jamais les provoquer, attirer leur attention ou les toucher. Les autorités locales insistent particulièrement sur un point souvent négligé par les touristes de passage : courir sans expérience préalable et sous l’effet de l’alcool est fortement déconseillé.
Regarder plutôt que courir : les options qui existent
Pas besoin de se jeter dans la course pour vivre l’expérience. Les vallats en bois installés le long du parcours restent gratuits, mais il faut s’y présenter très tôt, l’affluence rendant les meilleures places rares dès potron-minet. La Plaza de Toros elle-même vend des billets pour observer l’arrivée de la manade depuis les gradins, une option plus confortable et tout aussi spectaculaire. Reste la solution du balcon privé sur la Calle Estafeta, prisée des visiteurs internationaux pour sa vue plongeante et sa sécurité totale, mais à un tarif qui a de quoi surprendre : vivre l’expérience depuis une perspective privilégiée a un coût élevé, louer un balcon d’à peine deux mètres pour voir passer l’encierro pendant quelques secondes peut coûter environ 800 euros.
Ce prix reflète en réalité tout le poids économique de la fiesta pour Pampelune. Selon les données de la mairie, un touriste national qui passe la nuit dépense en moyenne 460 euros, tandis qu’un visiteur international en dépense près de 800, et l’excursionniste qui ne reste qu’une journée dépense en moyenne 244 euros. De quoi comprendre pourquoi les hôtels et appartements du centre affichent complet des mois à l’avance, et pourquoi mieux vaut réserver dès l’hiver si l’on songe déjà à 2027.
Un dernier détail mérite d’être connu avant de s’installer sur les vallats : la densité humaine peut elle-même devenir un danger. Lors du chupinazo 2026, plus de 12 000 personnes se sont rassemblées sur la place, avec une densité atteignant six personnes par mètre carré. Ce chiffre donne une idée assez juste de ce qui attend quiconque veut assister à l’un des rituels les plus filmés au monde : moins une question de courage face aux cornes, et bien davantage une question de logistique, de patience et de respect scrupuleux des consignes des pastores et de la police locale.
Sources : navarra.okdiario.com | noticiasdenavarra.com