Une carte d’identité plastifiée dont la date semble dépassée peut encore servir de document de voyage, mais pas partout. Le ministère des Affaires étrangères recense une vingtaine de pays qui l’acceptent officiellement, parmi lesquels l’Italie, la Grèce, la Croatie et la Suisse. La Belgique, la Lituanie et la Norvège la refusent, et la Roumanie figure désormais aussi dans cette catégorie sur la page officielle.
La date imprimée au dos ne dit pas toute la vérité.
- Une vingtaine de pays européens acceptent la carte d’identité prolongée, dont l’Italie, la Grèce, la Croatie et la Suisse.
- La Belgique, la Lituanie, la Norvège et la Roumanie refusent les cartes prolongées, même si elles restent techniquement valides.
- Le passeport reste le document le plus sûr; emportez la fiche d’information officielle traduite si vous voyagez avec votre ancienne carte.
Une prolongation française que l’étranger a mis du temps à digérer
Si votre carte a été délivrée entre le 2 janvier 2004 et le 31 décembre 2013, et que vous étiez majeur à ce moment-là, sa validité a été automatiquement prolongée de 5 ans. Le passage de 10 à 15 ans est entré en vigueur début 2014, sans qu’aucune modification n’apparaisse sur la carte elle-même. Les cartes délivrées à des mineurs n’ont pas bénéficié de cette extension. Une réponse ministérielle précise que la déclaration française a été notifiée à tous les États membres de l’accord le 24 avril 2015, sans objection formelle.
Le calendrier joue désormais contre les détenteurs. Quinze ans après sa délivrance, une carte de fin 2011 s’éteint pour de bon en décembre 2026, et toutes celles émises avant cette date sont déjà hors d’usage. Les dernières cartes prolongées, celles de 2013, expireront fin 2028.
Le décalage entre la loi française et les guichets étrangers a longtemps alimenté les questions écrites à l’Assemblée nationale. Des députés ont relevé que nombre de pays exigent que le séjour ne dépasse pas la date inscrite sur la carte. Paris a multiplié les démarches diplomatiques, mais chaque État décide seul de ce qu’il accepte à sa frontière.
Acceptée, tolérée, refusée : l’état des lieux
La liste officielle des pays qui reconnaissent la carte prolongée comprend Andorre, la Bulgarie, Chypre, la Croatie, l’Estonie, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, l’Islande, l’Italie, la Lettonie, le Luxembourg, Malte, Monaco, le Monténégro, la République tchèque, Saint-Marin, la Serbie, la Slovénie et la Suisse. S’y ajoutent deux destinations hors d’Europe continentale, avec conditions. La Turquie exige que la validité réelle dépasse d’au moins 150 jours la date d’entrée. La Tunisie ne l’admet que pour les binationaux ou les voyages organisés par un professionnel du tourisme.
Côté refus, la page du Quai d’Orsay cite la Belgique, la Lituanie, la Norvège et la Roumanie. Ces pays acceptent les anciennes cartes en cours de validité, mais pas celles dont la validité repose sur la prolongation. Les articles plus anciens ne mentionnent souvent que trois pays, la Roumanie étant alors classée parmi les États sans position officielle, et l’écart vient de là.
Entre les deux, une zone grise. Selon un décompte repris par la presse, l’Allemagne, l’Espagne, le Portugal ou les Pays-Bas n’ont pas transmis de position officielle mais tolèrent habituellement ces cartes. Tolérer n’est pas garantir : la décision revient à l’agent de contrôle, et à la compagnie aérienne avant lui.
La Belgique, voisine immédiate de la France, figure pourtant parmi les refus.
Le Royaume-Uni est un cas à part. Depuis le 1er octobre 2021 et le Brexit, la carte d’identité n’y est plus acceptée comme justificatif, qu’elle soit prolongée ou non. Le passeport y est donc obligatoire.
Quoi glisser dans le bagage à main
Le plus sûr reste le passeport, s’il est en cours de validité. Si vous n’en avez pas, les préfectures ont reçu pour consigne d’autoriser le renouvellement d’une carte facialement périmée, à une double condition : ne pas détenir de passeport valide et justifier d’un voyage dans un pays acceptant la carte d’identité. Un billet ou une réservation d’hôtel fait office de justificatif. Le délai de traitement dépend de la préfecture et de la mairie, d’où l’intérêt de s’y prendre bien avant le départ.
Si vous partez avec l’ancienne carte, emportez aussi la fiche d’information traduite que le ministère de l’Intérieur propose pour chaque pays acceptant la prolongation. Elle explique en langue locale pourquoi la date du document n’est pas la date réelle. Imprimez-la plutôt que de compter sur votre téléphone. Vérifiez enfin la fiche « Conseils aux voyageurs » de votre destination, mise à jour régulièrement et plus fiable que les listes recopiées sur des blogs.
Pensez aussi à la compagnie aérienne, qui applique ses propres vérifications avant l’embarquement. Une carte acceptée par la police des frontières peut être bloquée à l’enregistrement si le personnel au sol ne connaît pas la règle française. Dans ce cas, la fiche traduite et la page officielle imprimée constituent votre meilleur argument.
Les cartes au format carte bancaire, délivrées depuis 2021, ne posent pas ce problème, puisque leur date de fin de validité est la date réelle.
Sources : tour-dhorizon.com | voyages.ideoz.fr