Payer le même tarif qu’un siège classique pour se retrouver au rang 32, tout au fond de la cabine d’un A320, ça semblait être une bonne affaire. Sur le papier, aucune ligne du plan de sièges n’indiquait de restriction particulière. Une fois à bord, la réalité a été tout autre : dossier qui ne s’incline pas d’un millimètre, ballet incessant des passagers en direction des toilettes, et une cabine qui se rétrécit visiblement à mesure qu’on approche de la queue de l’appareil. Ce que les plans de cabine affichent en ligne ne dit jamais tout, et cette dernière rangée en est l’exemple parfait.
À retenir
- Pourquoi les compagnies créent volontairement cette rangée malgré son inconfort extrême ?
- Quel détail du fuselage rend physiquement impossible l’inclinaison du dossier ?
- Comment un passager pressé peut perdre 15 minutes supplémentaires au débarquement ?
Le rang 32, ce piège invisible sur les plans de cabine
Sur un A320 configuré en haute densité, comme le pratiquent plusieurs compagnies low-cost, la dernière rangée numérotée grimpe parfois jusqu’au rang 31 ou 32 selon la version de l’appareil et le nombre de sièges installés. Le site spécialisé Kayak le confirme sans détour : « évitez la dernière rangée (31 ou 32 selon l’appareil), car les sièges ne s’inclinent pas et sont proches des toilettes ». Un constat qui rejoint celui d’un guide de sélection de sièges détaillant les A320 : « Derniers rangs (30-31) : Proximité des toilettes, sièges qui ne s’inclinent pas, bruit constant ».
Le problème, c’est que ces informations n’apparaissent presque jamais clairement sur les interfaces de réservation. Le siège s’affiche comme un siège standard, au tarif standard, sans pictogramme d’alerte. Il faut généralement consulter un outil tiers, comme SeatGuru, pour deviner ce qui vous attend. Un guide consacré aux pires places en avion résume bien ce paradoxe : « Chaque appareil a sa zone problématique ; d’où l’intérêt de consulter un plan cabine ou un outil comme SeatGuru avant de réserver ». Mais peu de voyageurs pensent à croiser les sources avant de valider leur achat.
Pourquoi cette rangée existe et pourquoi elle coince à ce point
La raison technique derrière ce désagrément tient à l’architecture même de l’appareil. Le fuselage d’un A320 se rétrécit vers l’arrière, juste avant le cône de queue, ce qui réduit mécaniquement l’espace disponible. Une analyse détaillée d’une configuration easyJet le précise sans détour à propos d’une rangée équivalente : « les conséquences: pas de hublots d’un côté ni de l’autre, sièges plus étroits (la cabine se rétrécit vers la queue), bruit maximal de l’office et des toilettes, et derniers à débarquer ». Certaines compagnies ont même ajouté une rangée supplémentaire en déplaçant les toilettes arrière pour gagner un peu plus de recettes, sacrifiant au passage tout confort résiduel : « cette rangée n’existe que parce que la compagnie a déplacé les toilettes arrière pour caser une rangée supplémentaire ».
Le dossier qui refuse de s’incliner n’est pas un hasard ni une panne isolée. Sur de nombreuses configurations d’A320, la dernière rangée est positionnée directement contre la cloison arrière ou le module toilettes-office, ce qui empêche mécaniquement tout mouvement du dossier. Un guide comparatif le confirme sans ambiguïté à propos de cette zone spécifique : « aucune inclinaison possible où que ce soit ». Résultat : on reste bloqué dans une position figée pendant tout le vol, même sur un trajet de trois heures.
Ce que le silence du plan de cabine cache vraiment
Le bruit constitue sans doute la nuisance la plus sous-estimée. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, ce n’est pas tant le vrombissement des réacteurs qui gêne à l’arrière (ils sont d’ailleurs plus discrets sur les versions neo) que le va-et-vient permanent du personnel de bord et des passagers autour des sanitaires. Chasses d’eau, portes qui claquent, conversations chuchotées de l’équipage juste derrière la tête : cette proximité immédiate transforme un vol de courte durée en épreuve d’endurance sonore.
À cela s’ajoute un détail rarement mentionné : être assis en dernière rangée signifie systématiquement débarquer en dernier, peu importe la porte d’embarquement choisie ou l’heure d’arrivée à l’aéroport. Pour un passager pressé de rejoindre une correspondance, cette quinzaine de minutes supplémentaires avant de fouler le tarmac peut faire toute la différence.
Certains sièges de cette zone n’ont même pas de hublot, la structure de l’appareil imposant parfois un décalage entre la position du siège et celle des fenêtres. Un point que confirme un comparatif de configurations easyJet à propos de cette même dernière rangée : « les sièges 31A, 31B, 31C et 31F sont ceux à éviter absolument ; 31D et 31E sont légèrement moins mauvais mais restent médiocres ». Autant d’éléments qu’aucun moteur de réservation ne signale au moment de l’achat, alors qu’ils influencent directement le confort du trajet.
Comment éviter de reproduire cette mauvaise surprise
La meilleure parade reste de croiser systématiquement le numéro de vol et le type d’appareil avec un site tiers de cartographie cabine avant de sélectionner son siège, plutôt que de se fier uniquement à l’interface de la compagnie. Repérer les rangées situées juste devant les issues de secours, généralement autour des rangs 10 à 12 sur un A320, permet souvent de gagner un espace jambes nettement supérieur pour un tarif comparable, à condition d’accepter les contraintes réglementaires liées à ces places (assistance en cas d’évacuation, accoudoirs parfois fixes).
Il existe une nuance qu’on oublie trop souvent : la sécurité, elle, ne va pas dans le sens du confort. Plusieurs études sur les accidents aériens indiquent que les rangées arrière figurent statistiquement parmi les mieux placées en cas d’urgence, un comparatif le rappelle d’ailleurs sans détour : « en cas d’accident, les rangées arrière sont souvent plus sûres, même si elles sont moins confortables ». De quoi relativiser la déception d’un dossier bloqué, sans pour autant faire oublier trois heures de vol le dos droit comme un piquet.
Sources : voyage-pulse.fr | lesacduvoyageur.com