J’ai découvert cette ancienne capitale portugaise à 2 h de train de Lisbonne et je ne ferai plus jamais la queue pour le tram 28

Deux heures de train depuis Lisbonne suffisent pour échapper aux files d’attente du tram 28 et découvrir Coimbra, ancienne capitale du Portugal nichée sur les rives du Mondego. Fondée sur un site occupé depuis l’époque romaine, la ville abrite l’une des plus vieilles universités d’Europe et un centre historique qui se visite à pied, sans jamais bousculer personne pour une photo. C’est exactement l’antidote que cherchent aujourd’hui les voyageurs lassés du tourisme de masse lisboète.

À retenir
  • L’université de Coimbra, fondée en 1290, est l’une des plus anciennes d’Europe et site UNESCO depuis 2013.
  • Le trajet en train depuis Lisbonne dure 2h12 et coûte moins de 10 euros en seconde classe, sans réservation obligatoire.
  • Les ruelles du centre historique restent authentiques et peu fréquentées, contrairement aux quartiers touristiques lisboètes.

Une capitale médiévale à l’ombre de Lisbonne

Coimbra a une histoire riche qui remonte à l’époque romaine et a joué un rôle central dans le développement du pays en tant qu’ancienne capitale du Portugal. La ville a occupé ce statut au Moyen Âge, avant que Lisbonne ne prenne le relais et n’aspire vers elle l’essentiel des flux touristiques européens. Coimbra est située sur les rives du fleuve Mondego, un cadre qui donne au centre historique une allure suspendue entre eau et collines.

Le trajet en train reste la manière la plus confortable de rallier la ville. Les trains depuis Lisbonne vers Coimbra circulent en moyenne 50 fois par jour, pour une durée d’environ 2h 12min. Certains services Alfa Pendular descendent même sous les deux heures pour un tarif souvent inférieur à dix euros en seconde classe.

Aucune réservation obligatoire des mois à l’avance.

L’université, cœur battant de la ville depuis sept siècles

Le monument qui justifie à lui seul le déplacement porte un nom : l’université de Coimbra. Fondée en 1290, elle détient le titre d’université la plus ancienne du Portugal et l’une des plus anciennes d’Europe, et cette institution académique a façonné l’identité de la ville pendant plus de sept siècles. Installée d’abord à Lisbonne, elle n’a rejoint Coimbra définitivement qu’au XVIe siècle sur décision royale.

Fondée en 1290 par le roi D. Dinis, l’université voit d’abord le jour à Lisbonne avant d’être définitivement installée à Coimbra en 1537, sur décision de Jean III. Ce transfert a scellé le destin de la ville : depuis cinq siècles, chaque rentrée universitaire réactive des traditions estudiantines uniques, capes noires et chants de fado compris. La zone couverte par le bien inscrit correspond à quatre moments majeurs de l’histoire de la création, du développement, de la restructuration et de la consolidation de l’une des plus anciennes universités européennes, ce qui explique pourquoi le site mêle vestiges islamiques, palais royal et réformes du XVIIIe siècle sur un même périmètre.

La reconnaissance internationale est arrivée tardivement mais avec éclat. En 2013, l’UNESCO a reconnu la valeur exceptionnelle de l’Université de Coimbra en lui décernant le titre de site du patrimoine mondial, une distinction qui rend hommage à l’importance historique, culturelle et architecturale de la ville. À l’intérieur du complexe, la bibliothèque Joanine reste l’attraction la plus photographiée, avec ses boiseries dorées et ses rayonnages du XVIIIe siècle. Construite au 18e siècle, elle abrite des milliers d’ouvrages anciens dans un décor baroque somptueux. Une anecdote circule souvent auprès des guides : des chauves-souris vivraient encore dans la bibliothèque, tolérées la nuit car elles protègent les manuscrits anciens des insectes.

Ruelles pavées, fado et point de vue sur le Mondego

Contrairement à Lisbonne où chaque ruelle de l’Alfama croule sous les groupes organisés, Coimbra se parcourt sans bousculade. Ancienne capitale du pays, elle a su conserver un riche centre historique fait de ruelles étroites, d’églises anciennes et de bâtiments médiévaux, qui côtoient aujourd’hui les cafés animés, les librairies et les soirées étudiantes. Le contraste entre pierre séculaire et vie estudiantine donne à la ville une énergie que Lisbonne, plus muséifiée par le tourisme, a parfois perdue.

Le patrimoine religieux mérite aussi le détour. Il y a en ville deux cathédrales, une ancienne d’un roman monumental et une nouvelle, jésuite, baroque, tandis que le style manuélin de l’église de la Sainte Croix époustoufle par sa virtuosité décorative. Le soir venu, certains bars du centre historique proposent encore du fado de Coimbra, une variante plus grave et masculine que celle chantée à Lisbonne, traditionnellement associée aux étudiants et à leurs sérénades sous les fenêtres.

Combien de temps rester, et comment organiser la visite

Une journée suffit pour cocher les incontournables, mais elle laisse peu de place à l’improvisation. Un week-end de 2 jours permet de profiter davantage de la ville, de prendre le temps de flâner dans ses ruelles, de visiter ses musées et de découvrir quelques bonnes adresses où manger, une étape adaptée si Coimbra s’intègre dans un road trip entre Porto et Lisbonne. Côté budget, l’hébergement reste raisonnable comparé à la capitale, avec des nuitées en centre historique généralement plus abordables qu’à Lisbonne pour un niveau de confort équivalent.

Le meilleur créneau reste tôt le matin, avant l’arrivée des groupes venus en excursion depuis la côte. La lumière rasante sur le Mondego, à cette heure, vaut à elle seule le réveil matinal. Pour visiter la vieille université sans files d’attente, les guides locaux recommandent d’arriver dès l’ouverture, généralement autour de 9 heures, ou en fin d’après-midi une fois les cars repartis vers Lisbonne ou Porto.