Le col qui a changé nos habitudes de vacances, c’est le Pas de Peyrol, dans le Cantal. Avec ses 1 589 mètres d’altitude, il s’agit du col routier le plus élevé du Massif central, planté au pied de la silhouette pyramidale du Puy Mary. Pendant des années, la famille filait vers le Mont-Dore chaque automne, fidèle à ses thermes et à ses sentiers autour du Puy de Sancy. Puis un détour par la route des Crêtes du Cantal a tout bousculé. Depuis, c’est là-bas que l’on retourne, et nulle part ailleurs.
À retenir
- Un col routier qui culmine plus haut que tous les autres du Massif central, mais pourquoi cette altitude fait-elle toute la différence ?
- L’automne transforme complètement l’expérience, mais la fenêtre pour y aller se referme étonnamment vite
- Un site classé Grand Site de France depuis 2012 : qu’est-ce qui le rend si exceptionnel géologiquement ?
Un col qui domine tout le Massif central
Le Mont-Dore reste une destination charmante, nichée dans le massif du Sancy avec ses propres cols, comme celui de la Croix Saint-Robert ou de la Croix Morand, qui culminent autour de 1 400 mètres. Mais le Pas de Peyrol joue dans une autre catégorie. Il dépasse le col de la Croix de Peccata qui culmine à 1 570 m, et dans le Sancy, les cols de la Croix-Saint-Robert et la Croix Morand ne sont qu’à 1 400 m. Une différence qui se sent dès les premiers lacets : l’air se fait plus vif, la végétation plus rase, et le paysage bascule dans quelque chose de presque alpin.
Le col se situe à un carrefour stratégique. Situé au carrefour de trois axes routiers, il en fait un lieu de transit fréquenté et apprécié, reliant Aurillac par la vallée de la Jordanne, Salers par le Col de Neronne, et Dienne par la vallée de la Santoire. Trois versants, trois ambiances différentes, trois façons de raconter la même montagne. Celui qui monte depuis Salers connaît la version la plus corsée de l’ascension, avec des pourcentages qui font mal aux mollets sur les derniers kilomètres, tandis que celui qui vient de Dienne profite d’une montée plus douce à travers la vallée de la Santoire.
Pourquoi l’automne transforme complètement l’expérience
L’été, le Pas de Peyrol grouille de monde. Motards, cyclistes, familles en camping-car, tout ce petit monde se croise sur une route étroite et sinueuse où il s’agit de petites routes de montagne étroites et sinueuses qu’il convient de partager, avec des restrictions de circulation en place pour les camping-cars et les camions. Rien à voir avec la sérénité qui s’installe dès la mi-septembre.
C’est là que la comparaison avec le Mont-Dore prend tout son sens. Les forêts qui entourent le massif cantalien virent à l’or et au pourpre, et la montagne prend une teinte que l’on ne retrouve nulle part ailleurs dans la région. L’automne pare les flancs de la montagne de couleurs chaudes, de l’or au pourpre. Un spectacle qui dure quelques semaines à peine, avant que le froid ne prenne le dessus et que la route ne ferme.
Car il y a une contrainte à connaître avant de s’y aventurer trop tard dans la saison : ce col n’est pas ouvert toute l’année. De nombreux sentiers de randonnée mènent au puy Mary, notamment depuis le pas de Peyrol qui est le plus haut col routier du Massif central, mais l’accès est fermé à la circulation de novembre à mai. la fenêtre de tir automnale se referme vite. Début octobre, c’est encore jouable ; fin octobre, mieux vaut se renseigner sur les conditions avant de prendre la route.
Le Puy Mary, star discrète du Grand Site de France
Ce qui frappe la première fois qu’on arrive au col, c’est l’ampleur du panorama qui s’ouvre juste au-dessus du parking. Depuis le Pas de Peyrol, un escalier en béton grimpe vers le sommet du Puy Mary, à 1 783 mètres, en une petite demi-heure d’effort. Un sentier aménagé en escalier a été construit pour canaliser le flux de visiteurs et protéger la flore fragile, et l’ascension est courte mais intense : comptez environ 30 à 45 minutes pour gravir les 200 mètres de dénivelé. Le genre d’effort ridicule au regard de la récompense : un panorama à 360 degrés sur ce qui fut, il y a des millions d’années, le plus grand stratovolcan d’Europe.
Le site n’a rien d’un secret bien gardé, et c’est justement là que réside son paradoxe. C’est le site le plus visité d’Auvergne, avec 500 000 visiteurs par an. Un chiffre qui donne le vertige quand on pense à la fragilité du terrain volcanique qui l’entoure. D’ailleurs, le site est classé depuis longtemps pour cette raison précise : classé Grand Site de France depuis 2012, il bénéficie d’une reconnaissance nationale qui témoigne de sa valeur paysagère et patrimoniale exceptionnelle, plaçant le site au même niveau que des destinations emblématiques comme la Pointe du Raz ou les Gorges du Verdon. Autant dire que la comparaison avec le Sancy, aussi joli soit-il, tourne vite court en termes de spectacle géologique.
Pour les amateurs de grande randonnée, le col n’est qu’un point de passage parmi d’autres sur un itinéraire beaucoup plus vaste. Le GR 400, qui fait le tour du volcan cantalien, propose une approche complète du massif sur plusieurs jours. De quoi transformer une simple étape automnale en un vrai projet de randonnée itinérante, burons traditionnels et vaches Salers en toile de fond.
Ce qu’il faut savoir avant de s’y rendre
Un détail surprend souvent les visiteurs venus pour la première fois : la faune locale n’a rien d’anecdotique. Chamois, marmottes et rapaces se laissent observer sans trop de difficulté sur les pentes du massif, un contraste net avec le Sancy où la présence animale se fait plus discrète. Côté stationnement, le parking du Pas de Peyrol applique désormais des règles strictes en haute saison, avec des créneaux horaires imposés pour les camping-cars afin de limiter la pression sur ce site classé. Un rappel utile : la montagne cantalienne, aussi spectaculaire soit-elle en octobre, reste un milieu fragile qu’il vaut mieux visiter tôt le matin ou en fin de journée, loin des cars de touristes de milieu d’après-midi.
Sources : mapetiterando.fr | komoot.com