- Gand reçoit beaucoup moins de visiteurs que Bruges malgré une architecture médiévale comparable
- Les 50 000 étudiants de la ville animent les quais et terrasses bien après le départ des excursionnistes
- Le train direct met 22 minutes pour relier Gand à Bruges, avec 81 connexions quotidiennes
Bruges sature, Gand laisse de la place
Le train le plus rapide entre Gand et Bruges met 22 minutes, et ce trajet suffit à passer d’un décor médiéval saturé à un autre où l’on garde la place de ses coudes. Les trains directs sont nombreux, à peu près 81 par jour d’après Trainline.
Gand reste pourtant un second rôle dans l’imaginaire flamand.
En 2023, Bruges a accueilli plus de 8,3 millions de visiteurs, un record, pour moins de 120 000 habitants. La plupart sont venus l’été, pour un séjour qui dépasse rarement une journée. La ville a réagi : le port de Zeebruges n’autorise plus que deux bateaux par jour au lieu de cinq, et un code de conduite plus strict pour les guides devait entrer en vigueur le 1er mars 2026. Certains groupes comptaient jusqu’à 70 personnes et saturaient de bruit le centre-ville.
Bruges fut un port international majeur au XIIIe siècle, et l’ensablement de son canal principal a paradoxalement préservé son architecture médiévale. Gand, elle, se dresse à la confluence de la Lys et de l’Escaut, et les deux villes partagent quelques siècles d’histoire commune.
Gand joue une autre partition. Avec ses 50 000 étudiants, la ville a une densité de vie que Bruges n’a pas, et les quais du Graslei et du Korenlei restent animés le soir là où Bruges se calme. Un blog de voyage la résume ainsi : « presque aussi jolie que Bruges mais plus authentique ».
Sur les quais, de quoi choisir sa place
Tout commence au pont Saint-Michel. C’est le seul endroit d’où l’on voit parfaitement alignées les trois tours médiévales : l’église Saint-Nicolas, le Beffroi et la cathédrale Saint-Bavon. Les quais sont bordés de maisons de corporations richement ornées, et le Korenlei était dédié au commerce des céréales.
Des terrasses de café bordent aujourd’hui ces quais, et l’on y regarde les touristes passer en bateau sur les canaux. Tôt le matin, on peut y voir les reflets des façades dans la Lys. Le pont Grasbrug, plus petit et plus pittoresque que le pont Saint-Michel, offre lui aussi une vue sur le canal et les quais.
Depuis l’eau, on distingue des détails sculptés invisibles depuis la terre ferme.
Derrière les quais, le Patershol aligne ruelles médiévales, bars, restaurants et boutiques, et passe pour le quartier à la mode. Le Gravensteen, château des comtes du XIIe siècle, ouvre de 10 h à 18 h pour 12 euros, selon un comparatif publié en avril 2026. La cathédrale Saint-Bavon abrite l’Agneau mystique des frères Van Eyck. Le Design Museum Ghent séduira ceux qui préfèrent les pièces contemporaines.
Préparer la journée sans se marcher dessus
Gand n’est qu’à 30 minutes de train de Bruxelles, ce qui permet de la coupler avec Bruges dans un même séjour. La gare principale, Gand-Saint-Pierre, est reliée au centre par le tramway.
À mon sens, l’atout de Gand n’est pas d’être moins belle que sa voisine, mais d’être une ville où l’on vit encore. Les étudiants y font tourner les terrasses bien après le départ des excursionnistes, ce qui change l’ambiance des quais. Bruges garde ses moments calmes, à condition de les chercher : la fréquentation y est très forte entre 11 h et 17 h.
Gand n’est pas pour autant à l’abri de la lassitude.
La VRT relevait ainsi que Bruges et Gand se lassent des grands groupes bruyants venus avec leurs propres guides. Pour garder les coudes libres, le plus simple reste d’arriver tôt. Un guide conseille de traverser le pont Saint-Michel de bonne heure, puis de filer vers le château des comtes de Flandre vers 10 h. Pour le retour, comptez entre 22 et 25 minutes de train jusqu’à Bruges.
Sources : vrt.be | ulysses.travel