Quarante-six kilomètres. C’est tout ce que la Slovénie possède comme façade maritime, coincée entre l’Italie et la Croatie sur l’Adriatique. Et pourtant, sur ce mince ruban côtier, on trouve exactement ce que des millions de vacanciers vont chercher plus loin, plus cher, plus loin dans les embouteillages croates : des ruelles pavées héritées de Venise, des façades pastel, des clochers qui copient celui de Saint-Marc, et des prix d’hôtel qui restent, pour l’instant, sensiblement plus doux qu’à Dubrovnik ou Split en plein mois d’août.
À retenir
- Quatre villes côtières à moins de 20 minutes les unes des autres : comment les découvrir en une journée ?
- Pourquoi les meilleurs prix se trouvent rarement à Piran, la star de la région
- Une ancienne voie ferrée transformée en piste cyclable relie maintenant toute la côte
Piran, la miniature vénitienne que personne ne voit venir
Le nom qui revient systématiquement quand on évoque cette côte, c’est Piran. Perchée sur une presqu’île étroite, la ville a passé près de cinq siècles sous la domination de la République de Venise, et cet héritage se lit à chaque coin de rue. Concrètement, cela donne un campanile inspiré de celui de la place Saint-Marc, des maisons colorées aux volets sculptés, et un lion ailé sur la façade de l’hôtel de ville.
La place Tartini, cœur battant de la ville, mérite qu’on s’y arrête. Tartinijev trg, la place principale s’ouvrant sur le port, constitue le cœur battant de Piran, baptisée ainsi en l’honneur du célèbre violoniste slovène, natif d’ici. Juste à côté, une bâtisse rouge vif attire l’œil : la place abrite de remarquables édifices d’inspiration vénitienne, dont Benečanka, une maison à l’architecture gothique vénitienne d’un rouge vif, ornée de balcons et fenêtres aux touches blanches, dont la construction remonte au XVème siècle. On grimpe ensuite vers l’église Saint-Georges, qui domine toute la ville depuis sa colline. Construite dans sa forme actuelle au XIVe siècle puis remaniée dans un style baroque, elle est accompagnée d’un campanile inspiré de celui de Venise, et l’ascension des quelque 140 marches en bois qui mènent au sommet récompense largement l’effort par la vue sur les toits rouges et l’Adriatique.
Ce qui frappe surtout, c’est l’échelle du lieu. Pas besoin de louer une voiture ni de prévoir des heures de trajet entre deux visites : les quatre villes de la côte sont à moins de 20 minutes les unes des autres. On peut enchaîner Koper le matin, Izola en milieu de journée, et terminer à Piran pour le coucher de soleil, sans jamais reprendre l’autoroute.
Izola et Koper, les alternatives qui coûtent moins cher
Piran concentre l’attention, mais c’est souvent ailleurs que se trouvent les meilleures affaires. Izola, à dix minutes de route, joue une autre partition. Izola lacks Piran’s fame, and that’s precisely what makes it charming: it’s an authentic fishing village, less touristy, with waterfront terraces where locals gather in the evening. Le matin, le spectacle est gratuit et authentique : tous les matins, généralement entre 6h30 et 11h, les pêcheurs reviennent au port pour vendre leurs prises, une scène de vie locale à observer tôt le matin si l’on loge sur place.
Koper, elle, joue clairement la carte du budget. C’est la plus grande ville côtière, avec un port commercial actif ; moins pittoresque que ses voisines, elle a l’avantage d’être plus abordable, avec des restaurants 20 à 30% moins chers. Son centre historique, construit lui aussi autour de l’héritage vénitien, reste largement sous-estimé par les touristes qui filent directement vers Piran.
Côté hébergement, l’écart de prix entre haute et basse saison est brutal. Le guide du Routard le résume ainsi : sur la côte adriatique slovène, il faut compter entre 25 et 35 € en auberge ou camping, ou moins de 80 € en chambre double dans un hôtel simple pour le bon marché ; 80 à 150 € pour les prix moyens ; et 150 à 250 € pour le chic. C’est loin d’être gratuit, mais cela reste inférieur aux tarifs pratiqués l’été sur les hotspots croates les plus courus, où les nuitées dans des établissements comparables grimpent facilement au-dessus de la fourchette haute. Petite nuance toutefois : les prix sont plus élevés à Ljubljana et le long du littoral slovène, en particulier à Piran, ce qui pousse beaucoup de voyageurs à dormir à Izola ou Koper et à visiter Piran à la journée.
Un littoral pensé pour le slow travel, pas pour la voiture
La force de cette côte tient aussi à sa taille modeste, qui la rend praticable sans effort. À Piran, la voiture devient carrément inutile une fois passé le parking d’entrée. La ville est entièrement piétonne une fois dans le centre, mieux vaut laisser la voiture au parking payant à l’entrée. Pour relier les villes entre elles, l’ancienne voie ferrée Parenzana, transformée en piste cyclable, fait des merveilles : aménagée sur le tracé d’une ancienne voie ferrée reliant autrefois Trieste à Poreč, elle longe la côte et permet de rejoindre facilement Portorož ou Izola.
Portorož, justement, complète le tableau pour ceux qui veulent une vraie plage. À la différence de Piran, dépourvue de sable, cette station offre un visage bien différent, celui d’une station balnéaire animée, dotée de véritables plages, de nombreux hôtels et d’une promenade en bord de mer très fréquentée en été. Beaucoup de voyageurs choisissent d’ailleurs de loger là, à cinq minutes de route de Piran, pour cumuler confort balnéaire et accès rapide au patrimoine historique.
Reste un détail qui change la donne selon la saison choisie : la fréquentation. En dehors de juillet-août, la différence est nette. Mai-juin et septembre sont idéaux, avec des températures agréables, moins de monde et des prix raisonnables, tandis que juillet-août est bondé et cher. Même le cœur de l’hiver a ses adeptes : certains habitués de la région évoquent les journées ensoleillées de février à Piran, qui ont un charme mélancolique irrésistible, avec les ruelles pour soi seul. Un argument de poids pour celles et ceux qui veulent découvrir cette Venise miniature sans la foule ni les tarifs de haute saison.
Sources : routard.com | loulourandonne.fr