Fini le TGV à l’aube pour attraper son vol à Roissy : depuis Marseille, New York se rejoint d’une traite, mais pas toute l’année

Marseille tourne une page de son histoire aéronautique. À partir du 4 juin 2027, United Airlines reliera quotidiennement la cité phocéenne à New York sans la moindre escale, mettant fin à des décennies de correspondances obligatoires par Paris, Amsterdam ou Francfort. United Airlines ouvrira, à compter du 5 juin 2027, une liaison quotidienne directe entre Marseille et New York Newark. Mais l’info a un revers : cette liaison ne durera que quelques mois par an, et non toute l’année comme on pourrait l’espérer.

L’annonce, faite le 25 août 2026, a de quoi surprendre par son ampleur. La compagnie aérienne américaine United Airlines annonce deux nouvelles liaisons directes entre la France et les États-Unis à partir de 2027, avec Marseille reliée à New York dès juin, tandis que Toulouse bénéficiera d’un vol vers Washington à partir d’avril. Un double coup dans le ciel français, présenté par la compagnie américaine comme l’expansion internationale « la plus importante de son histoire », portant son réseau à plus de 160 destinations hors des États-Unis. Depuis 2017, le géant américain n’a cessé de grignoter du terrain outre-Atlantique : United Airlines a ajouté 58 destinations internationales à son réseau et dessert désormais plus de 160 destinations hors des États-Unis.

À retenir

  • Une première liaison directe Marseille-New York va enfin devenir réalité en 2027
  • Le modèle économique repose sur une exploitation saisonnière, pas annuelle
  • Marseille intègre un cercle très fermé de villes françaises avec connexion transatlantique directe

Un Airbus flambant neuf pour traverser l’Atlantique

Techniquement, cette prouesse repose sur un appareil taillé pour ce genre de routes de niche : l’Airbus A321 XLR, capable de relier deux continents sans transporter les capacités d’un gros-porteur. La ligne sera opérée en Airbus A321XLR, avec 150 sièges, dont 20 suites avec siège-lit et porte privative. Un monocouloir long-courrier pensé justement pour ce type de marché, trop petit pour justifier un Boeing 777 mais suffisamment porteur pour une desserte quotidienne. Côté horaires, comptez un vol d’environ neuf heures : le vol durera environ 9h15, avec Wi-Fi à bord, tandis qu’une autre source évoque plutôt huit heures de trajet direct.

Sur le papier, ça change tout. Fini le réveil aux aurores pour attraper le premier TGV vers Paris, fini l’angoisse de la correspondance ratée à Roissy avec la valise qui n’arrive jamais à temps sur le tapis suivant. Reste que l’aéroport d’arrivée n’est pas exactement JFK : c’est Newark qui accueillera les voyageurs marseillais. Un choix loin d’être anodin, puisque Newark Liberty International, situé à l’ouest de New York, permet de rejoindre Manhattan en une trentaine de minutes en train. Et surtout, cette porte d’entrée ouvre bien plus que la seule Grosse Pomme : l’aéroport constitue également un important hub pour United Airlines, avec plus de 120 destinations accessibles sur le continent américain. De quoi rallier Chicago, Miami ou San Francisco sans repasser par la case Paris.

Une ligne saisonnière, et c’est là le hic

Voilà le point qui tempère l’enthousiasme ambiant : cette nouvelle desserte ne fonctionnera pas à l’année. Pour l’instant, cette liaison est saisonnière, jusqu’en octobre 2027. entre l’automne et le printemps, les Marseillais retrouveront leurs bons vieux réflexes de correspondance via un hub européen. Ce choix n’a rien d’exceptionnel dans le secteur : beaucoup de lignes transatlantiques secondaires démarrent en mode saisonnier, le temps de valider la rentabilité de la route avant d’envisager une exploitation à l’année. United a d’ailleurs calé son calage sur la période la plus porteuse touristiquement, celle où la demande américaine vers la Provence explose.

Les billets, eux, sont déjà en vente et donnent une idée des tarifs à prévoir. Les billets sont déjà ouverts à la réservation sur le site de l’aéroport Marseille-Provence au prix de 724 euros pour départ le 5 juin 2027 et retour le 12 juin 2027. Un tarif d’appel qui reste à confirmer sur la durée, une fois la ligne rodée et la concurrence des correspondances via Paris ou Amsterdam pleinement jouée.

Pourquoi Marseille, pourquoi maintenant

Cette ouverture ne sort pas de nulle part. Elle répond à une dynamique touristique déjà bien installée entre la Provence et les États-Unis, que les chiffres récents viennent confirmer avec une netteté frappante. En 2025, les États-Unis constituaient le troisième bassin émetteur international de la destination, avec une reprise enregistrée depuis la pandémie particulièrement marquée. Et la tendance s’accélère nettement cette année : la tendance se poursuit en 2026, avec entre janvier et juillet des nuitées américaines en hausse de 18 % par rapport aux sept premiers mois de 2025, avec une accélération en début d’été (+45 % en juin et +31 % en juillet). Des chiffres qui traduisent un engouement réel, pas seulement un pari marketing de la compagnie américaine.

Le potentiel de passagers existe déjà, sans même compter les nouveaux flux que la ligne directe devrait générer. La route répond à une demande déjà bien installée, avec près de 250 000 passagers voyageant chaque année entre la métropole provençale et les États-Unis, dont près de la moitié constituée de voyageurs américains. Sur ce total, l’aéroport estime à 70 000 le nombre plus précis de voyageurs entre Marseille et New York, une base suffisante pour justifier une exploitation quotidienne, même saisonnière.

Côté hébergement, l’impact se mesure déjà très concrètement. Avec 1,6 million de nuitées, les États-Unis constituent, depuis la crise sanitaire, la première clientèle internationale des hôtels de la région. Un chiffre qui replace la portée économique de cette liaison bien au-delà du simple confort des voyageurs marseillais : c’est tout un écosystème touristique régional qui mise sur ce nouveau lien aérien.

Marseille rejoint le club restreint des villes françaises connectées aux USA

Avec cette ouverture, la cité phocéenne intègre un cercle jusqu’ici très fermé. Avec cette nouvelle ligne, Marseille devient la quatrième ville française, après Paris, Nice et Toulouse, à bénéficier d’une connexion aérienne directe avec les États-Unis. Un symbole fort pour une métropole qui a longtemps souffert de la comparaison avec Nice, sa voisine azuréenne mieux dotée en liaisons long-courriers. D’ailleurs Toulouse elle-même n’aura sa ligne directe (vers Washington cette fois) que l’été prochain, elle aussi devant ouvrir une liaison saisonnière l’été prochain, preuve que le modèle de la desserte estivale reste la norme pour ce type de routes de province.

Reste une question que personne n’ose trop formuler tout haut du côté de l’aéroport Marseille Provence : cette ligne saisonnière deviendra-t-elle un jour annuelle, comme c’est arrivé pour d’autres dessertes long-courriers ayant fait leurs preuves ? La réponse dépendra largement du remplissage des vols durant ces quatre premiers mois d’exploitation, entre juin et octobre 2027. En attendant, United Airlines n’est pas la seule à lorgner sur ce marché : la compagnie devient la première compagnie aérienne américaine à opérer depuis l’aéroport Marseille Provence, ouvrant potentiellement la voie à d’autres transporteurs tentés par le même pari transatlantique.