Le célèbre Bus One-Day Pass à 700 yens, qui permettait de sillonner Kyoto en bus toute une journée pour un prix fixe, n’existe plus. La ville l’a définitivement retiré de la vente, et depuis, le pass bus municipal à 700 yens a été supprimé en mars 2024. À sa place, un autre titre de transport s’est imposé comme la référence : le ticket illimité pour les bus uniquement n’est plus disponible, et la nouvelle norme recommandée est le Pass 1 jour métro & bus à 1 100 yens, en privilégiant le métro comme mode de transport principal. Pour les voyageurs qui prévoient de rallier les temples du quartier de Higashiyama, l’est historique de Kyoto, cette bascule change concrètement la façon d’organiser sa journée.
À retenir
- Un pass touristique légendaire disparaît brutalement : quelles raisons ont forcé cette décision drastique ?
- La mairie de Kyoto a-t-elle vraiment pensé aux visiteurs en créant cette nouvelle tarification ?
- Les temples les plus visités restent-ils vraiment accessibles avec le nouveau système ?
Pourquoi Kyoto a sacrifié son pass le plus populaire
L’histoire commence en 2023. À cette date, il est annoncé l’arrêt définitif du pass « Bus 1-Day Pass » à partir du 1er avril 2024, la vente restant possible jusqu’en septembre 2023 pour une activation jusqu’au 31 mars 2024. Derrière cette décision, un problème bien concret : les bus municipaux étaient devenus les victimes de leur propre succès touristique. Les bus étaient souvent bondés de touristes, et de nombreux habitants se plaignaient de longues files d’attente, ne pouvant parfois pas monter à bord tant les bus étaient pleins. Un responsable municipal résumait la situation à la presse japonaise en expliquant que le matin, la file s’enroule, et parfois on demande aux gens de monter dans le bus trois fois plus tard.
Le chiffre qui a fait basculer la décision est parlant : en 2000, la municipalité avait baissé le prix du pass à 500 yens, ce qui avait fait grimper les ventes à un million dans l’année, avant d’atteindre 6,14 millions en 2015. Un succès à double tranchant, puisque cette affluence concentrée sur certaines lignes, notamment celle desservant le Kinkaku-ji, a fini par saturer des quartiers résidentiels entiers. Certains habitants du quartier de Kinugasa, une zone résidentielle construite avant l’ère de la voiture où de nombreuses familles dépendent uniquement du bus municipal pour se déplacer, ont multiplié les plaintes auprès des élus locaux. Le pass touristique le plus vendu du Japon est devenu, aux yeux de la mairie, un facteur direct de tension sociale entre visiteurs et riverains.
Le nouveau sésame : le pass combiné métro et bus à 1 100 yens
La stratégie de la ville est limpide : détourner une partie du flux touristique vers son réseau souterrain, chroniquement déficitaire. Comme le rappelle un témoignage local, Kyoto a tenté de persuader les touristes de prendre le métro même s’il n’existe que deux lignes, le système souterrain souffrant financièrement, la ville voulant améliorer sa situation en attirant plus de voyageurs vers les rames. Le nouveau titre de référence coûte donc 1 100 yens (environ 6,50 euros) pour une journée illimitée sur le métro et l’essentiel du réseau de bus. Il se décline aussi en version digitale : il existe deux types de tickets disponibles à l’achat, les tickets numériques et les cartes physiques, ces derniers restant en vente aux distributeurs de tous les guichets du métro ou au centre d’information des bus de la gare de Kyoto.
Ce pass a toutefois ses angles morts. Certaines excursions prisées échappent à sa couverture : les secteurs de Kibune et Kurama ne sont pas entièrement couverts et nécessitent un billet séparé, tandis que la zone du mont Hiei n’est pas incluse du tout. Pour le reste, la logique est claire : le métro devient l’épine dorsale du trajet, le bus n’intervenant qu’en complément sur le dernier kilomètre jusqu’aux sites qu’il ne dessert pas.
Higashiyama, le casse-tête des temples de l’est
C’est justement là que le bât blesse pour les visiteurs qui visent le Kiyomizu-dera, le Ginkaku-ji ou le sanctuaire Yasaka, tous regroupés dans le quartier historique de Higashiyama, les collines de l’est. Le métro n’y a jamais été taillé pour le tourisme de masse, et cela reste vrai aujourd’hui : Kyoto ne compte que deux lignes de métro, plus rapides et moins sujettes aux embouteillages que le bus, mais qui ne desservent pas directement la majorité des temples célèbres. Concrètement, le pass combiné reste indispensable pour boucler la boucle, mais il faut accepter de marcher davantage entre la station de métro la plus proche et le temple visé, ou de sauter dans un bus pour la dernière portion.
La ville a d’ailleurs durci les règles à bord, ce qui complique encore le parcours des visiteurs chargés de bagages. Depuis peu, il n’est plus possible de monter avec de grosses valises dans les bus municipaux, une restriction que les conducteurs peuvent faire respecter en refusant l’accès si le bus est plein et que le bagage est volumineux. La solution recommandée par les guides locaux consiste à déposer ses affaires dès l’arrivée : le transport de gros bagages dans les bus municipaux étant limité, il est obligatoire de les déposer à la consigne de la gare de Kyoto avant de partir explorer les temples les mains libres.
Un détail surprend souvent les voyageurs qui reviennent à Kyoto après plusieurs années : le réseau a été scindé en deux systèmes distincts en 2024, entre lignes commuter classiques et lignes express touristiques facturées en supplément, si bien que la façon de monter à bord dépend entièrement du type de bus pris, commuter local ou express touristique. Autant dire que le vieux réflexe du pass bus à la journée, glissé dans la poche avant de partir à l’assaut des temples, appartient définitivement au passé. Mieux vaut désormais activer son pass métro dès la sortie de la gare, garder son ticket de bus à part pour les trajets non couverts, et prévoir large sur les horaires si l’on compte enchaîner plusieurs sanctuaires du côté de Higashiyama dans la même journée.
Sources : japantravel.navitime.com | kanpai.fr