Ce petit carton blanc distribué dans l’avion, celui qu’on remplissait consciencieusement au stylo pendant les dernières heures de vol vers Bangkok ? Il n’existe plus. Le TM6, ce petit formulaire papier distribué dans les avions et que vous remplissiez au stylo, n’existe plus. Depuis mai 2025, la Thaïlande a basculé vers un système entièrement numérique baptisé TDAC, la Thailand Digital Arrival Card. Résultat : votre carton rempli avec soin ne sert plus à rien, et l’agent d’immigration vous renverra immanquablement vers votre smartphone.
La scène est devenue banale dans les couloirs de Suvarnabhumi ou de Don Mueang. Des voyageurs perplexes, formulaire papier à la main, découvrent que la procédure a changé sans qu’ils en aient été informés. Normal : la compagnie aérienne continue parfois de distribuer les vieux cartons par habitude, ou les passagers les récupèrent par réflexe touristique, sans savoir que la Thaïlande a définitivement tourné la page du papier.
À retenir
- Le carton blanc distribué en avion ne sert plus à rien depuis mai 2025
- Un système de reconnaissance faciale aux frontières réduit les temps d’attente de 70%
- L’exemption de visa pour les Français est passée de 60 à 30 jours
Une bascule numérique actée depuis mai 2025
Le formulaire en ligne est obligatoire pour tous les voyageurs étrangers depuis le 1er mai 2025, avec un délai maximum de 72 heures avant l’arrivée pour le compléter. Ce document remplace donc le TM6, mais aussi un autre projet qui n’a jamais vu le jour sous sa forme initiale : le projet de Thailand ETA (Electronic Travel Authorization), testé puis abandonné, est également remplacé par ce même dispositif. La Thaïlande a donc fait le choix d’un outil unique plutôt que de multiplier les démarches.
Concrètement, le voyageur se rend sur le portail officiel tdac.immigration.go.th, renseigne ses informations de passeport, son itinéraire, son adresse d’hébergement et répond à une déclaration de santé. Avant d’entrer en Thaïlande, les voyageurs doivent soumettre des informations clés, notamment les détails du passeport, les plans de voyage, l’hébergement et des informations de santé pertinentes, transmises au Bureau de l’immigration. Une fois validé, le système génère un QR code à présenter au contrôle, sur l’écran du téléphone ou en version imprimée. Il est conseillé de garder l’e-mail de confirmation et le QR code prêts à montrer aux agents d’immigration sur le téléphone ou un autre appareil électronique, en téléchargeant ou en sauvegardant une capture d’écran à l’avance.
Un détail surprend souvent les voyageurs habitués aux visas classiques valables plusieurs entrées : le TDAC n’est valable que pour une seule entrée. Contrairement à un visa multi-entrées, une nouvelle carte doit être soumise à chaque passage de frontière, y compris pour de courtes escapades vers le Laos ou le Cambodge. Même pour quelques heures d’absence, il faut générer un nouveau QR code au retour. De quoi surprendre les habitués des visa runs qui pensaient s’en tirer avec une formalité unique.
Vers des frontières pilotées par la reconnaissance faciale
La numérisation ne s’arrête pas au formulaire. Certains aéroports thaïlandais expérimentent désormais des portiques automatisés qui accélèrent le passage. Depuis mars 2026, de nombreux voyageurs peuvent utiliser les portiques de contrôle automatisé (ABC), où la technologie de reconnaissance faciale fait correspondre le scan en direct aux données du TDAC et du passeport, réduisant les temps d’attente à l’immigration jusqu’à 70%. L’objectif affiché par les autorités est clair : accélérer les procédures d’immigration en soumettant les informations à l’avance, tout en renforçant la sécurité aux frontières grâce aux registres numériques.
Ce virage technologique s’inscrit dans une tendance régionale plus large. Le Japon, la Corée du Sud ou Singapour ont eux aussi multiplié les formulaires électroniques préalables ces dernières années, poussés par la volonté de fluidifier des flux touristiques toujours plus massifs tout en gardant un œil sur la traçabilité sanitaire héritée de la pandémie. La Thaïlande, avec ses près de 40 millions de visiteurs internationaux annuels avant la crise sanitaire, avait un besoin urgent de désengorger ses aéroports.
Attention aux sites frauduleux et à la nouvelle règle des 30 jours
La gratuité du dispositif n’a pas empêché la prolifération de sites tiers facturant ce qui devrait rester gratuit. Le portail officiel de l’immigration thaïlandaise ne demande jamais de paiement, et tout site facturant des frais pour compléter le TDAC est un service tiers non autorisé, seul le portail gouvernemental officiel devant être utilisé. Un réflexe simple avant de dégainer sa carte bleue par réflexe touristique : vérifier l’URL exacte du site officiel.
Autre nuance qui change la donne pour les prochains voyages des Français en Thaïlande : le pays a discrètement révisé son régime d’exemption de visa. Le 19 mai 2026, le Cabinet thaïlandais a voté la fin de l’exemption de visa de 60 jours, puis en a approuvé une version révisée le 14 juillet 2026 : 59 pays, dont la France et le reste de l’Union européenne, passeront à 30 jours (15 jours pour quelques pays). Le TDAC ne remplace donc pas ces formalités de visa, il s’y ajoute simplement comme une étape supplémentaire de déclaration sanitaire et sécuritaire. Pour les voyageurs qui planifient un long séjour ou un enchaînement de destinations en Asie du Sud-Est, mieux vaut désormais vérifier deux fois la durée de séjour autorisée avant de réserver son billet retour.
Sources : thailandeevasion.com | thailandee.com