La chaîne de grills que Monaco gardait pour elle pose ses braises face à une piscine de palace à Cannes

Juin 2026. La Croisette qui s’éveille, le Festival de Cannes à peine retombé, et déjà une adresse fait parler d’elle bien avant son ouverture : le Beefbar pose ses braises à l’Hôtel Barrière Le Majestic, face à la piscine chauffée du palace. Un restaurant né dans la discrétion monégasque qui débarque dans l’un des lieux les plus emblématiques de la Riviera française. Une rencontre entre deux univers, la streetfood chic de la Principauté et le glamour cannois, qui mérite qu’on s’y attarde.

À retenir

  • Beefbar, le restaurant monégasque aux 40 implantations mondiales, débarque à Cannes avec une terrasse dominant la piscine du Majestic
  • Un concept streetfood chic loin du temple gastronomique : braises, DJ sets et horaires élargis pendant les festivals
  • Wagyu A5, Black Angus et pêche locale : une carte où Monaco rencontre la Méditerranée

Monaco comme laboratoire, le monde comme terrain de jeu

Sur un territoire davantage connu pour accueillir des marques internationales que pour en faire émerger, le Beefbar fait figure d’exception. Dans la restauration, c’est le premier acteur monégasque à s’être implanté durablement sur presque tous les continents. L’histoire commence en 2005, sur le port de Fontvieille, avec une idée déconcertante de simplicité. Riccardo Giraudi, fondateur du concept, n’aurait alors jamais imaginé un tel développement. À l’origine, le restaurant est conçu comme le prolongement de son activité principale, Giraudi Meats, l’entreprise familiale d’import/export de viandes.

«On a la meilleure viande du monde, faisons le meilleur restaurant de viande du monde et faisons-le avec les codes que j’ai appris à Londres.» L’avantage de Monaco, c’est son cosmopolitisme extrême. À l’époque, il n’y avait pas de concurrence, seulement les restaurants familiaux ou les étoilés Michelin. Vingt ans plus tard, Beefbar revendique 40 restaurants dans le monde, de São Paulo à Hong Kong en passant par Londres, Saint-Barth ou encore le Koweït. La marque monégasque, qui se réclame fièrement de ses origines princières, a fait évoluer sa formule initiale de steakhouse de luxe vers un concept davantage streetfood, une cuisine à partager plus dans l’air du temps de la restauration internationale.

Ce virage est précisément ce qui rend l’ouverture cannoise pertinente. Pas un temple solennel de la viande, pas un énième restaurant gastronomique figé dans ses étoiles, mais quelque chose de plus vivant, de plus festival.

Face à la piscine du Majestic : le lieu fait partie de l’assiette

Le Majestic regarde la mer depuis la Croisette, avec vue sur les célèbres marches du Palais des Festivals. Proche du centenaire, ce temple cinq étoiles de l’élégance française est connu pour son charme intemporel et ses vues spectaculaires sur la Méditerranée. C’est dans ce cadre que l’Hôtel Barrière Le Majestic Cannes ouvre un restaurant Beefbar en juin 2026, renforçant son positionnement haut de gamme tout en répondant à une demande croissante pour des expériences culinaires premium et conviviales.

Hôtel Barrière Le Majestic Cannes / Beefbar - Photo officielle

La terrasse domine la piscine de l’hôtel. Un détail qui change tout. Toute l’année, la piscine chauffée en plein air à 28°C constitue le cœur battant de l’établissement en été, et c’est précisément cet espace que le Beefbar va investir. DJ sets dès le dîner, ambiance méditerranéenne, lumières qui glissent sur l’eau : la promesse est celle d’un restaurant où l’on mange bien sans se prendre au sérieux, ce qui, sur la Croisette en juillet, est presque un acte révolutionnaire.

Les horaires parlent d’eux-mêmes. Midi-14h30 et 19h-22h30 en temps normal, mais de 12h à minuit pendant les festivals, pour coller aux rythmes effervescents d’un Cannes en mode événement. Le chef exécutif Jean-François Barberis, déjà aux commandes des cuisines du Majestic, apportera au Beefbar son sens du produit local et sa connaissance du terrain cannois.

Du Wagyu Tajima A5 au poisson de pêche locale : ce que cache la carte

Le cœur du dispositif, c’est évidemment l’assiette. Le concept repose sur une cuisine contemporaine, centrée sur des viandes d’exception, tout en intégrant des influences internationales. Au Majestic Cannes, la carte mettra en avant des produits premium comme le Wagyu Tajima A5, le Black Angus américain ou encore le Wagyu australien.

Quelques mots sur ces références, pour ceux qui ne les fréquentent pas quotidiennement. Le Wagyu A5 japonais est devenu le bœuf le plus luxueux et le plus recherché au monde, issu de quatre races bovines sélectionnées pour leur constance en qualité et en saveur. Quant au Black Angus de Creekstone, l’une des signatures historiques de Beefbar, la philosophie de Giraudi sur la «viande de luxe» est limpide : «Tout est dans l’alimentation de l’animal. Plus il est nourri au grain, plus la viande est persillée, standardisée, tendre et chère.» La cuisson à haute température, procédé propre à la maison, révèle ce que le produit a de plus intense.

Mais le Beefbar cannois ne sera pas un restaurant de carnivores exclusifs. La carte fera aussi la part belle à la pêche locale et aux produits de la mer, avec des poissons grillés et des assiettes méditerranéennes pensées pour être partagées au soleil. C’est là que l’ancrage dans la Riviera prend tout son sens : un grilloir monégasque qui embrasse la mer en face, c’est un geste culinaire cohérent, presque géographiquement logique.

Le Beefbar Monaco, premier établissement du groupe, a été élu meilleur restaurant de steaks au monde lors du concours «World’s 101 best steak restaurants» en mars 2023. Un palmarès qui n’est pas anodin quand on annonce une nouvelle adresse sur l’une des promenades les plus photographiées de France.

Beefbar et Barrière : deux familles, un seul été

Ce n’est pas la première fois que les deux maisons se rencontrent. Un premier restaurant Beefbar avait ouvert le 1er novembre 2023 au sein de l’Hôtel Barrière Le Carl Gustaf Saint-Barth. En s’associant avec une marque forte, moderne et plébiscitée par une clientèle jeune et internationale, Barrière démontre ses nouvelles ambitions et sa volonté de se développer aux côtés d’acteurs de premier plan. Cannes représente donc le deuxième acte d’un partenariat qui semble trouver son rythme.

Avec un chiffre d’affaires de 1,5 milliard d’euros en 2025, Barrière confirme sa capacité à innover tout en valorisant l’art de vivre à la française. De son côté, le réseau Beefbar en France se densifie, avec des adresses déjà actives à Paris (Georges V), Méribel, Saint-Tropez, Nice, Gordes, Strasbourg, Megève et Courchevel. Cannes vient compléter ce maillage côtier avec un positionnement estival assumé, là où les autres adresses françaises misent davantage sur le ski et les week-ends urbains.

Pour les amateurs de gastronomie qui fréquentent la Côte d’Azur, les informations pratiques valent la peine d’être notées dès maintenant : Beefbar Cannes, 10 boulevard de la Croisette, réservations au +33 (0)4 92 98 77 00. La question qui reste ouverte est celle de l’atmosphère réelle, ce mélange de braises, de sel marin et de DJ sets qu’on imagine en regardant la carte. On a hâte de voir si la Croisette, habituée aux grandes promesses, confirme celle-ci.