Non, l’ETIAS n’est pas obligatoire pour les Français, et il ne le sera pas tant qu’ils voyagent avec un passeport ou une carte d’identité français. Citoyens de l’Union européenne, ils sont hors du champ de cette autorisation, qui vise les voyageurs de pays dispensés de visa pour un court séjour.
Et aujourd’hui, personne ne peut encore la demander.
Le système n’est pas en service. La page du ministère des Affaires étrangères consacrée à EES et ETIAS annonçait une mise en route au dernier trimestre 2026. Depuis, plusieurs sites spécialisés rapportent que la mention a disparu des pages officielles européennes à la mi-juillet 2026, après des informations du Financial Times selon lesquelles l’agence eu-LISA jugeait ce calendrier intenable. Un conseil d’administration d’eu-LISA devait se tenir en septembre pour fixer un nouveau calendrier, et je n’ai trouvé, à la date du 4 octobre, aucune annonce officielle d’une date de lancement.
- Les Français n’ont pas besoin d’ETIAS pour voyager en Europe avec des documents français valides
- L’ETIAS concerne les ressortissants de 60 pays exemptés de visa, coûte 20 euros et reste valable 3 ans
- Le système n’est pas encore en service et les demandes ne peuvent pas être soumises avant 2027 au plus tôt
- Une période de transition de 12 mois minimum s’appliquera après le lancement sans refoulement
Qui doit vraiment demander l’ETIAS
L’autorisation concerne les ressortissants des quelque 60 pays exemptés de visa pour entrer dans l’espace Schengen, parmi lesquels les États-Unis, le Canada, l’Australie, le Japon ou le Brésil. Elle couvre 90 jours maximum sur une période de 180 jours dans 30 pays européens. Elle reste valable trois ans, ou jusqu’à l’expiration du passeport enregistré lors de la demande.
Un Français peut malgré tout se retrouver concerné par ricochet. Si vous accueillez un cousin canadien ou un ami australien, c’est lui qui devra déposer sa demande en ligne, et non vous. Le cas des binationaux est plus subtil : le consulat de France au Canada rappelle qu’un Français doit se présenter à la frontière avec un passeport français ou européen valide, la carte d’identité n’étant pas un titre de voyage hors d’Europe.
Le tarif est de 20 euros, et les moins de 18 ans en sont dispensés.
Quand ce sera obligatoire : un calendrier en deux temps
Dès le lancement, il n’y aura pas de couperet. Les sources européennes parlent d’une période de transition de six mois pendant laquelle aucun voyageur ne sera refoulé faute d’ETIAS, suivie d’une période de grâce de six mois pour les primo-arrivants. Le site officiel de la Commission évoque pour sa part des périodes transitoire et de grâce d’au moins 12 mois au total. Si le lancement glisse en 2027, comme le laissent entendre les médias spécialisés, l’application stricte se situerait donc plutôt en 2028.
La cause du retard est connue : le système d’entrée-sortie, ou EES. Déployé progressivement depuis le 12 octobre 2025, il est pleinement opérationnel depuis le 10 avril 2026, selon le ministère des Affaires étrangères. Il enregistre photo et empreintes des ressortissants de pays tiers aux frontières extérieures, et l’ETIAS s’appuie sur ses données pour évaluer les risques de sécurité.
Cet été, des files d’attente de plusieurs heures ont été signalées dans certains aéroports européens, ce qui a pesé sur le calendrier d’après la presse spécialisée. Un responsable européen cité par ces mêmes sources estime que le décalage supplémentaire serait « bref ». Rien n’est confirmé officiellement à ce stade.
Ce que les Français doivent surveiller
Les sites frauduleux prospèrent sur cette incertitude. Le ministère des Affaires étrangères le dit sans détour : aucun site ne délivre d’autorisation ETIAS à l’heure actuelle. Autre piège, certaines pages encore en ligne affichent l’ancien tarif de 7 euros, alors que la Commission européenne a confirmé en juillet 2025 le passage à 20 euros.
Un site qui vous vend un ETIAS aujourd’hui vous facture une autorisation qui n’existe pas.
Pour vos propres voyages, d’autres formalités sont déjà d’actualité. Le Royaume-Uni exige son propre équivalent, l’ETA, facturé 20 livres selon le suivi d’un site spécialisé, et les États-Unis réclament l’ESTA, autour de 40 dollars. Ces deux dispositifs ont inspiré l’ETIAS, que les autorités françaises présentent comme un cousin de l’ESTA américain et de l’ETA britannique. Pour un séjour en Europe, un Français n’a en revanche rien à déposer.
Dernier détail géographique : l’ETIAS s’appliquera aux États membres de l’UE à l’exception de l’Irlande et de Chypre, ainsi qu’à l’Islande, au Liechtenstein, à la Norvège et à la Suisse.
Sources : atout-voyages.com | francais-du-monde.org | ca.diplomatie.gouv.fr