« On retournait sur le lac de Côme chaque été » : depuis qu’on a découvert ce lac voisin hors zone euro, on dort au bord de l’eau pour 35 € la nuit

Le lac en question s’appelle Lugano. Il s’étire juste à côté du lac de Côme, mais bascule en grande partie côté suisse, dans le canton du Tessin. Ce lac glaciaire, situé à la frontière entre le sud de la Suisse et le nord de l’Italie, se trouve entre le lac de Côme et le lac Majeur. Résultat concret pour les vacanciers : certains emplacements de camping en bord d’eau, comme celui d’Agno, affichent des tarifs autour de 30 francs suisses la nuit, soit environ 35 euros au taux de change actuel.

Un simple changement de rive, et la note baisse.

Pendant des années, la famille qui témoigne posait ses valises à Bellagio ou Varenna, sur la rive italienne la plus photographiée d’Europe. Puis un été, faute de disponibilités et par curiosité, elle a tenté le détour suisse. Le choc n’a pas été le paysage, très proche, mais la facture, nettement plus légère qu’attendu pour un pays réputé cher.

À retenir
  • Le lac de Lugano en Suisse propose du camping au bord de l’eau à 30 francs suisses, soit 35€ la nuit environ
  • Chaque nuitée en camping inclut le Ticino Ticket : transports publics gratuits dans tout le canton et réductions sur les attractions
  • Lugano offre un environnement plus préservé que Côme avec 36 musées, dont plus de 40% gratuits, et moins de touristes en haute saison

Un lac resté dans l’ombre de son voisin italien

Lugano souffre d’un désavantage marketing évident face à Côme, dont le nom évoque immédiatement villas de stars et yachts amarrés devant Bellagio. Pourtant les deux lacs partagent le même relief alpin, les mêmes eaux turquoise encadrées de montagnes abruptes. Le lac de Lugano offre un environnement plus préservé, avec des rives beaucoup moins construites que celles de Côme. Plus petit, il compte aussi moins de villages et accueille donc moins de touristes en pleine saison, ce qui en fait une destination plus paisible.

Ce calme se retrouve jusque dans l’offre culturelle. Lugano possède un patrimoine muséal beaucoup plus vaste que Côme, avec 36 musées contre 11, dont plus de 40 % sont gratuits contre seulement 18 % côté italien. Les villages qui bordent le lac, Gandria accroché à la falaise ou Morcote avec ses arcades, jouent sur un registre plus discret que les décors de carte postale de la rive comasque. Lugano cultive ainsi l’image d’un « joyau discret » du tourisme lacustre, plus calme et plus authentique que son célèbre voisin. Un positionnement presque assumé, comme si la Suisse avait choisi de jouer la carte de la sobriété face à l’exubérance italienne.

Camper au bord de l’eau, sans se ruiner

Le camping Lugano Lake, à Agno, illustre bien ce paradoxe suisse : un pays cher, mais des poches de bon marché pour qui sait où regarder. Installé sur les rives du lac, l’établissement propose un cadre calme et reposant, avec vue sur les montagnes environnantes et une bonne exposition au soleil. Une petite plage permet de profiter d’une atmosphère lacustre préservée, tandis qu’une aire de jeux accueille les plus jeunes. Les avis de voyageurs, en plusieurs langues, décrivent un rapport qualité-prix jugé correct pour la région, même si les tarifs grimpent nettement en haute saison sur les emplacements premium directement au bord de l’eau.

Le vrai bonus se cache ailleurs.

Chaque nuitée donne droit au Ticino Ticket, qui offre les transports publics gratuits dans tout le canton pendant toute la durée du séjour, ainsi que des avantages sur les remontées mécaniques et les principales attractions touristiques. Concrètement, un campeur installé à Agno peut rejoindre Lugano en train sans frais supplémentaire, grimper au sommet du Monte San Salvatore, ou filer vers Morcote sans jamais sortir la carte bancaire pour le trajet. Une gratuité rare dans une région où le moindre aller-retour en funiculaire peut vite alourdir le budget vacances.

Pourquoi la partie italienne du lac reste imbattable

La comparaison ne s’arrête pas au camping suisse. Le lac de Lugano possède en effet une portion italienne, du côté de Porlezza et du lac de Piano, où les prix retombent à des niveaux comparables à ceux de Côme. Si la ville suisse applique des tarifs généralement plus élevés, la portion italienne du lac de Lugano permet de profiter de prix beaucoup plus abordables sur les restaurants familiaux et les hébergements. Un même lac, deux monnaies, deux ambiances : de quoi composer un séjour à la carte selon le budget du jour.

Cette porosité frontalière profite d’ailleurs aux campeurs suisses eux-mêmes. Plusieurs avis mentionnent des excursions à vélo côté italien pour profiter de prix de restauration plus doux, avant de revenir dormir côté helvétique. La frontière se traverse en quelques coups de pédale, sans poste de douane visible, seulement un panneau et un changement de langue sur les enseignes.

Une destination qui change de statut

Le lac de Lugano reste avant tout une destination privilégiée des visiteurs suisses, suivis des Italiens et des Allemands, avec un pic de fréquentation confédérée en juillet. Les touristes français y restent encore minoritaires, contrairement à Côme qui attire un public plus international venu d’Allemagne, des États-Unis et de France. Ce déséquilibre explique en partie pourquoi les prix y demeurent plus contenus sur certains segments, faute d’une pression touristique aussi intense qu’à Bellagio en plein mois d’août.

La donne pourrait évoluer. À mesure que les récits de voyageurs séduits par le rapport qualité-prix circulent, la fréquentation transalpine grimpe doucement, portée par des liaisons ferroviaires directes entre Milan, Côme et Lugano en moins de deux heures. Pour l’instant, le lac suisse garde son statut d’alternative confidentielle, celle qu’on se refile entre amis plutôt qu’on affiche sur les réseaux sociaux.