Depuis que j’ai découvert cette station balnéaire du Monténégro, je sais que je ne paierai plus 100 € la nuit sur la côte croate

Une plage de sable fin qui s’étire sur 14 kilomètres, des clubs de plage où l’on paie une fraction du prix pratiqué à Split ou Dubrovnik : c’est ce que propose Ulcinj, tout au sud du Monténégro, à quelques encablures de la frontière albanaise. Velika Plaza se trouve au sud de la ville d’Ulcinj, sur une plage de sable de 14 kilomètres, où l’on trouve une série de clubs de plage privés bon marché qui n’ont rien à envier aux criques rocheuses hors de prix de la côte croate voisine. Un hôtel trois étoiles bien noté y affiche un tarif nuit pour deux personnes autour de 30 euros en juillet, en pleine saison, quand l’équivalent croate dépasse largement les 60 euros.

À retenir
  • Une plage de sable de 14 kilomètres s’étire à Velika Plaza, rare denrée sur l’Adriatique dominée par les galets et rochers.
  • Les hôtels 3 étoiles affichent 30 € la nuit en juillet quand la Croatie dépasse 100 €, avec un écart global de 20 à 30 % sur hébergement et restaurants.
  • Le Monténégro reste moins cher malgré l’installation de grandes chaînes hôtelières et une montée en gamme progressive du secteur touristique.

Ulcinj, la station qui redistribue les cartes

Contrairement à Budva, devenue la vitrine touristique la plus fréquentée du pays, Ulcinj et sa Velika Plaza restent à l’écart des grands flux. La station balnéaire la plus populaire du pays est en fait Budva, mais les plages ont tendance à être plus sablonneuses et plus agréables si l’on se dirige vers le sud, presque jusqu’à la frontière albanaise. C’est précisément là que se niche cette alternative méconnue.

Le sable, denrée rare sur l’Adriatique où dominent galets et rochers, change complètement l’expérience balnéaire. Là où la Croatie multiplie les criques photogéniques mais inconfortables pour poser une serviette, Ulcinj offre un vrai littoral de sable digne des Landes ou de la Méditerranée espagnole.

Le rapport qualité-prix ne se limite pas à l’hébergement. Un dîner de fruits de mer y coûte une fraction de ce qu’il faudrait débourser côté croate, selon les comparatifs établis par les guides spécialisés sur la région. Un dîner de fruits de mer à 12 euros y coûterait 25 euros de l’autre côté de la frontière. Concrètement, l’écart de budget se joue autant à table qu’au moment de payer la chambre.

Pourquoi la Croatie est devenue si chère

Le contraste ne doit rien au hasard. La côte dalmate a connu une explosion touristique spectaculaire depuis le succès mondial de la série Game of Thrones, tournée en grande partie à Dubrovnik, transformant une ville historique en produit d’appel mondial. Si la Croatie a explosé touristiquement depuis l’époque de « Game of Thrones », son petit voisin le Monténégro commence à lui faire de l’ombre.

Dubrovnik a d’ailleurs dû réagir à cette affluence. La ville durcit l’accès à sa vieille ville et les prix y ont rejoint ceux de la Côte d’Azur, ce qui pousse une partie des voyageurs européens à chercher ailleurs. Split, la deuxième grande station balnéaire du pays, n’échappe pas à cette inflation générale des tarifs.

Le Monténégro, lui, mise sur une stratégie inverse : séduire par le prix tout en montant en gamme sur certains segments. Le tourisme pèse aujourd’hui près de 25 % du PIB monténégrin selon Euronews Travel, et le gouvernement multiplie les accords avec les grandes chaînes hôtelières, avec cinq cents établissements qui maillent désormais le pays. Hilton, Hyatt, Radisson et Melia y installent leurs enseignes, preuve que le secteur se professionnalise rapidement sans pour autant renoncer à son positionnement abordable sur le milieu de gamme.

Le match des prix, chiffres à l’appui

Sur le terrain de l’hébergement pur, l’écart reste net malgré une convergence progressive. Le Monténégro reste 20 % à 30 % moins cher que la Croatie pour l’hébergement et les restaurants, bien que l’écart se resserre. Une chambre chez l’habitant, appelée localement « sobe », se négocie encore entre 70 et 150 euros la nuit à Kotor ou Budva en pleine saison estivale, contre des tarifs souvent supérieurs à 100 euros pour un logement comparable sur la Dalmatie.

Les hôtels quatre étoiles suivent la même logique. Comptez entre 100 et 200 euros la nuit selon la période, tandis que les resorts de luxe comme ceux de Sveti Stefan ou de Lustica Bay grimpent entre 300 et 600 euros. Les resorts balnéaires haut de gamme restent encore moins chers qu’équivalents en Croatie ou en Grèce, signe que même le segment premium conserve un avantage tarifaire.

Petit bémol : le Monténégro utilise l’euro sans faire partie de la zone euro, une situation économique singulière qui simplifie les paiements des touristes français mais complique la politique monétaire du pays. Un détail technique, invisible pour le voyageur, mais qui pèse lourd dans les débats économiques locaux.

Comment s’y prendre concrètement

Deux aéroports desservent la côte monténégrine, Podgorica et Tivat, avec des liaisons directes depuis Paris qui démarrent autour de 68 euros selon les périodes de réservation. La haute saison de juillet-août reste la plus chère sur place, avec des nuitées à Kotor ou Budva grimpant jusqu’à 150 euros pour une chambre double.

Miser sur juin ou septembre change tout. La basse saison, d’octobre à mai, permet de trouver des chambres entre 35 et 60 euros pour deux personnes, un budget imbattable pour qui cherche du soleil sans les foules ni les tarifs de pointe.

Ulcinj reste une destination à part, moins rodée à l’accueil touristique international que Budva ou Kotor. Les infrastructures y sont plus rustiques, l’anglais moins généralisé, mais c’est précisément ce qui explique des prix restés sages. Pour qui cherche du sable, du soleil et une addition légère, la ville mérite qu’on lui laisse sa chance avant que le secret ne s’évente tout à fait.