J’ai découvert cette vieille ville classée à 30 min de bus de Split et je ne réserverai plus jamais une nuit dans le centre

Trogir, à trente minutes de bus du centre de Split, cache une vieille ville classée où j’ai passé les nuits les plus calmes de tout mon séjour en Croatie. La chambre que j’avais réservée en plein Split, arrivée mi-août, ressemblait davantage à une foire nocturne qu’au carnet de voyage romantique espéré. Depuis, je ne réserve plus jamais un hébergement dans le centre historique de Split : la vieille ville de Trogir tient toutes les promesses, sans les nuisances.

Concrètement, la vieille ville est une petite île fortifiée, reliée au continent et à l’île de Čiovo par deux ponts. Le trajet en bus depuis Split couvre une distance moyenne de 30 kilomètres pour une durée d’environ 30 minutes, selon le trafic, et les billets démarrent autour de 2 euros pour qui réserve à l’avance.

Le silence est revenu dès la tombée de la nuit.

À retenir
  • Trogir se trouve à 30 minutes de bus de Split pour environ 2 euros avec réservation
  • La vieille ville, île fortifiée classée UNESCO depuis 1997, se traverse entièrement à pied en moins de 10 minutes
  • Le silence revient à 23 heures alors que Split reste bruyant jusqu’après minuit

Trogir, presque aussi ancienne que Split mais bien moins fréquentée

Cette petite île doit son classement à une continuité urbaine peu commune sur l’Adriatique. Trogir a été fondée par des colons grecs au IIIe siècle avant notre ère, sur un îlot, avant que Romains puis Byzantins ne laissent leur empreinte sur le tracé des rues. Venise s’empare pleinement de la cité en 1420 et y règne près de quatre cents ans. La ville figure sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1997, saluant cette superposition rare de styles architecturaux sur un espace minuscule.

La cathédrale Saint-Laurent, de style gothique avec des ajouts Renaissance, est considérée comme l’une des plus belles de Dalmatie. Le centre historique tient sur à peine 500 mètres d’est en ouest et se traverse à pied en moins de dix minutes. Un peu moins de 11 000 habitants vivent aujourd’hui sur cette île et sa périphérie immédiate.

Le contraste saisissant avec la vieille ville de Split

Split, à trente minutes de route, joue dans une tout autre catégorie. Sa propre vieille ville, classée UNESCO elle aussi grâce au palais de Dioclétien, concentre bars, restaurants et files de touristes sur quelques centaines de mètres carrés à peine.

Le soir venu, la chaleur emmagasinée par la pierre ne redescend pas avant plusieurs heures, et les terrasses restent pleines bien après minuit. Les effluves de bars enchaînés et la musique qui se répond d’une ruelle à l’autre finissent par gagner jusqu’aux étages des logements loués aux voyageurs. Impossible de dormir fenêtre ouverte sans entendre la ville entière respirer. Trogir, à l’inverse, referme ses volets vers 23 heures et laisse le clapotis de l’eau reprendre ses droits.

Aucun bateau de croisière ne s’amarre au pied de ses remparts.

Pourquoi je réserve désormais à Trogir plutôt que dans le centre de Split

Un détail surprend souvent les voyageurs pressés. L’aéroport de Split se trouve en réalité plus proche de Trogir que du centre-ville de Split lui-même. Beaucoup de visiteurs pourraient très bien poser leurs valises ici dès l’atterrissage, plutôt que de foncer vers le centre historique bondé.

Une ligne locale, la numéro 37, part de la gare de Sukošan, à environ un kilomètre du centre de Split, et les bus circulent de 4 heures du matin à minuit passé, largement de quoi organiser ses allers-retours sans jamais dormir en ville.

Le trajet ne coûte quasiment rien.

Le vieux centre de Trogir abrite plusieurs hôtels de charme installés dans d’anciennes maisons de pierre, souvent tenus par des familles locales depuis des générations. Pour les amateurs de plage, l’île voisine de Čiovo concentre les meilleurs spots de baignade du secteur, accessible à pied ou à vélo en quelques minutes. De là, Split reste à portée de bus pour une excursion d’une journée, tout comme les gorges de la Cetina à Omiš. Résultat : la logique du séjour s’inverse complètement, avec Trogir comme camp de base plutôt que Split.

Un bémol tout de même pour qui rêve d’une bulle silencieuse toute l’année. En juillet et août, Trogir aussi se remplit et devient extrêmement fréquentée, mieux vaut l’éviter à cette période, au point que les ruelles autour de la cathédrale deviennent difficiles à traverser aux heures chaudes. Mai, juin ou septembre offrent une expérience bien plus agréable pour retrouver la vraie tranquillité de cette île fortifiée.