J’ai dormi dans le meilleur hôtel d’Espagne : verdict honnête

Élu meilleur hôtel d’Espagne aux World Travel Awards 2025, le Santa Catalina, a Royal Hideaway Hotel, s’impose aujourd’hui comme une référence du luxe européen. Niché sur la côte Atlantique, à Gran Canaria, cet établissement historique revendique une identité mêlant raffinement, héritage architectural et gastronomie étoilée. Pourquoi cette adresse centenaire fascine-t-elle un public aussi varié – des voyageurs en quête de soleil hiver comme été aux amateurs d’histoire ou de haute cuisine ? Décryptage d’un phénomène hôtelier qui bouscule les codes du tourisme de prestige en Espagne.

À retenir

  • Un hôtel centenaire qui a accueilli des célébrités légendaires sous le franquisme.
  • Une rénovation subtile qui marie tradition architecturale et modernité élégante.
  • Une scène gastronomique étoilée qui redéfinit le tourisme canarien.

Un refuge d’hiver à l’heure où la morosité guette

Tandis que février s’étire sous les nuages en France, le secteur hôtelier espagnol observe avec intérêt la montée des séjours soleil-versus-grisaille. Les îles Canaries, accessibles en quelques heures de vol depuis Paris, se positionnent comme une alternative séduisante aux traditionnelles escapades hivernales vers l’Asie ou les Caraïbes. Le Santa Catalina, a Royal Hideaway Hotel, cristallise à lui seul cette envie d’évasion à la fois dépaysante et confortable, dans un cadre où l’été ne semble jamais vouloir s’éclipser.

Fondé en 1890, réinventé en 2019 à l’occasion d’une rénovation ambitieuse, l’établissement a traversé le temps sans jamais perdre son âme. Entre ses murs, on devine les échos des grands récits d’autrefois : Maria Callas, Ava Gardner, Gregory Peck. Chacun a laissé dans la mémoire collective locale une trace, une anecdote, une image – selon le personnel, le pianobar de l’hôtel est resté longtemps le lieu de prédilection des célébrités en quête de discrétion pendant le franquisme. Si le nom Santa Catalina résonne pour de nombreux Espagnols, c’est aussi parce qu’il constitue un maillon de l’histoire touristique de Gran Canaria, bien avant l’avènement du tourisme balnéaire de masse à la fin du XXe siècle.

Un patrimoine architectural vivant, entre tradition et modernité

Impossible de parler du Santa Catalina sans évoquer le choc visuel du lieu. Erigé sur les hauteurs du parc Doramas, au cœur verdoyant de Las Palmas, l’hôtel semble narguer le temps avec ses façades d’inspiration britannique, ses intérieurs drapés de boiseries et de fresques signées du XIXe siècle. La rénovation menée par le groupe Barceló s’est attachée à préserver ce cachet tout en insufflant de nouvelles lignes, résolument contemporaines. Les œuvres d’art côtoient désormais les équipements dernier cri, les salons feutrés se prolongent vers des terrasses baignées de lumière, et partout flotte un parfum d’élégance paisible – rare dans un contexte international où le design hôtelier privilégie souvent l’ostentation ou les effets éphémères.

La situation de l’établissement fait, elle aussi, la différence. À deux pas de la plage de Las Canteras et du centre historique, le Santa Catalina permet de conjuguer détente balnéaire et découverte culturelle, sans compromis. Son jardin subtropical élève la notion de “havre urbain” à un autre niveau – l’impression d’être à la fois au cœur et en dehors de la ville. Selon plusieurs guides touristiques, peu d’adresses parviennent à marier aussi subtilement le vert et le bleu, l’opulence et la sobriété.

Gastronomie canarienne : l’argument étoilé

Depuis quelques années, les Canaries cherchent à s’imposer sur la carte gastronomique européenne, longtemps écrasée par le poids du tourisme tout inclus et du poisson grillé dans les chiringuitos de plage. C’est précisément là que le Santa Catalina a su se distinguer. L’établissement met la barre haut, en hébergeant deux restaurants récompensés – Poemas by Hermanos Padrón (une étoile Michelin), et Muxgo sous la houlette du chef Borja Marrero, également étoilé et détenteur de la toute première étoile verte des Canaries pour son engagement local.

Au menu : cuisine d’auteur inspirée par les traditions insulaires, produits de la mer travaillés selon des techniques contemporaines, légumes cultivés dans les hauteurs volcaniques de l’île, et desserts qui font la part belle aux saveurs de l’Atlantique. Le brunch du dimanche a la réputation d’attirer même les habitants de Las Palmas, curieux de (re)découvrir une adresse où la modernité s’invite sans écraser le terroir. Sur la terrasse, un cocktail signature, la brise marine en fond sonore – suffit-il d’un tel détail pour se sentir en vacances exclusive ?

Pour le visiteur français, habitué à une grande exigence culinaire, cette montée en gamme interpelle. Les guides locaux insistent désormais sur les atouts gourmets de Gran Canaria, et certains professionnels du secteur avancent que l’île pourrait prochainement rivaliser avec des destinations plus célébrées comme San Sebastián.

Que reste-t-il pour les curieux, au-delà du prestige ?

Consacré meilleur hôtel d’Espagne, le Santa Catalina n’est pas seulement un trophée touristique supplémentaire. Il incarne, à sa façon, une nouvelle lecture du voyage de luxe, attentive au sens et à l’ancrage local. Que l’on soit féru d’architecture, de slow-tourisme, ou simplement à la recherche d’une adresse qui ne sacrifie pas le charme sur l’autel du design international, l’hôtel ouvre une voie différente, délibérément tournée vers la rencontre et l’expérience authentique. À l’heure où de nombreux établissements haut de gamme misent sur la surenchère technologique ou la multiplication de services impersonnels, cette orientation suscite autant la curiosité que la réflexion.

Bien sûr, le prix à la nuitée n’est pas à la portée de toutes les bourses. Mais la promesse va au-delà d’une simple chambre élégante : elle cible une clientèle européenne soucieuse de relier confort et découverte, de conjuguer temps pour soi et ouverture à l’inédit. Pour certains, c’est l’occasion de réviser les clichés sur l’hôtellerie canarienne. Pour d’autres, celle de redécouvrir une île que l’on pensait cantonnée au tourisme balnéaire grand public.

À ceux qui s’interrogent sur le sens de leur prochaine escapade au soleil, la réussite du Santa Catalina pose une question taquine : et si le vrai luxe résidait aujourd’hui dans la capacité à recréer du lien entre passé et présent, entre prestige et simplicité, entre gastronomie et bien-être authentique ? La récompense salue le travail d’une équipe, mais elle résonne aussi comme un appel à repenser ce que voyager veut dire dans une Europe post-pandémie – enfin prête à célébrer ses propres trésors.

Pour découvrir l’univers du Santa Catalina, le site officiel du groupe offre un aperçu de l’offre et des expériences proposées : Santa Catalina, a Royal Hideaway Hotel.