J’ai arrêté d’aller sur la Costa Brava : cette autre côte espagnole a la même eau turquoise sans la foule

Chaque été, le même scénario se répète. Des serviettes collées les unes aux autres sur la plage de Lloret de Mar, des parkings saturés dès 9h du matin à Tossa de Mar, des prix qui s’envolent à Cadaqués. La Costa Brava reste magnifique, personne ne le contestera, mais elle est aussi devenue l’une des côtes les plus fréquentées d’Europe. La Costa Daurada, elle, joue dans la même catégorie de beauté méditerranéenne, avec une fraction de la foule.

La Costa Dorada, ou Costa Daurada en catalan, est une région touristique du nord de l’Espagne qui allie stations balnéaires, parcs naturels et villes authentiques comme Tarragone. Elle longe la mer depuis le sud de Barcelone jusqu’au delta de l’Èbre, soit un littoral de 216 kilomètres de long, au nord-est de l’Espagne. Autant dire que l’espace ne manque pas. Et pourtant, la grande majorité des voyageurs français continuent de remonter vers le nord, vers cette Costa Brava qu’on connaît par cœur, criques sauvages comprises.

À retenir

  • Deux côtes catalanes rivales : laquelle choisir vraiment ?
  • Des plages vierges à 20 minutes de marche existent encore
  • L’eau turquoise existe ailleurs que sur Instagram

Deux côtes catalanes, une même mer, mais pas la même foule

La Costa Brava se situe dans le nord-est de l’Espagne, en Catalogne, entre Blanes et la frontière française. Elle s’étend sur environ 200 km de littoral, entre plages, criques sauvages et villages perchés. C’est là toute son identité, et toute son attractivité. Avec les 199 plages et criques cachées que compte la Costa Brava, l’offre est immense. Le problème, c’est que tout le monde le sait. Des millions de touristes se pressent sur les plages saturées de Lloret de Mar et Tossa de Mar, transformant parfois ce littoral sauvage en autoroute balnéaire.

La Costa Daurada offre un contraste saisissant. Le littoral alterne entre plages de sable et zones rocheuses, plus réduites et moins accidentées que sur la côte sauvage espagnole. L’image est différente, moins dramatique, plus douce, mais l’eau, elle, reste profondément méditerranéenne. La région se vit entre magnifiques bandes côtières sablées, vestiges romains, ports de pêche et parcs naturels, le tout éclaboussé par les eaux turquoises de la Méditerranée. Ce que les agences de voyage ont longtemps omis de mentionner.

Les stations balnéaires au nord de Tarragone sont calmes et surtout fréquentées par des Espagnols. Elles possèdent de très belles plages et ont une fréquentation raisonnable en été. Voilà le détail qui change tout. Ici, on est encore dans une Espagne qui s’appartient, qui mange à des heures décalées, qui ne fait pas queue devant les snorkels de location.

Ce que la Costa Daurada cache derrière son sable doré

Le nom dit tout : la côte d’or. La « Côte d’or » doit son nom aux très nombreuses plages de sable fin, souvent caractérisées par leur couleur dorée. Mais au-delà des grandes plages familiales de Salou ou de Cambrils, il y a des pépites qui méritent qu’on s’y attarde.

Prenons la Cala Fonda, à peine au nord de Tarragone. À environ 6 kilomètres au nord de Tarragone, vous trouverez une véritable plage paradisiaque dans la baie naturelle presque intacte de Cala Fonda. La mer cristalline et azurée, le sable fin et doré ainsi que les falaises de calcaire entourées de forêts de pins verts lui ont valu son surnom de « Waikiki ». Une marche de vingt minutes à travers les pins, pas de kiosque, pas de parasols à louer, pas de DJ. Il n’y a aucune infrastructure ici et vous ne pouvez accéder à ce petit paradis caché qu’en faisant une marche d’environ 20 minutes. Mais Cala Fonda est encore presque intacte et vaut vraiment la peine d’être visitée.

Plus au sud, L’Ametlla de Mar est un authentique petit port de pêche, calme et pittoresque, au sud de Tarragone. Les plages de L’Ametlla de Mar comptent parmi les plus belles plages de la Costa Dorada : 16 kilomètres de littoral composé de plages et de criques aux eaux tranquilles et transparentes s’offrent à ses visiteurs. Et la vente à la criée au port n’est pas un spectacle touristique : elle est restée une authentique ville de pêcheurs où les ventes à la criée sont toujours réputées pour la qualité de leurs produits.

Côté criques préservées, Cala Vidre est l’une des criques les plus cristallines de la Costa Dorada, située à L’Ametlla de Mar. Son nom, qui signifie « Crique de Cristal », honore la transparence de ses eaux, idéales pour le snorkeling et la détente. Enfin la même eau turquoise qui fait le mythe de la Costa Brava, sans l’embouteillage de kayaks jaunes.

Et tout au bout, le delta de l’Èbre. Le delta de l’Èbre est un parc naturel au sud de Tarragone. On le compare fréquemment à la Camargue : un endroit préservé, sauvage, avec seulement deux petites stations balnéaires. Le Parc Natural del Delta de l’Èbre couvre plus de 300 km² et représente la plus vaste zone humide de Catalogne. Classé réserve de biosphère par l’UNESCO, c’est le spot idéal pour observer flamants roses et autres oiseaux migrateurs. Un monde à part, où la mer rencontre les rizières, où le silence n’est perturbé que par les mouettes.

Tarragone : l’argument que personne ne vous avait dit

Il y a quelque chose d’étrange à dépenser une fortune pour une location à Cadaqués quand, à une heure et demie de route vers le sud, Tarragone existe. Ancienne capitale de l’Hispanie romaine, Tarragone séduit par son patrimoine inscrit à l’UNESCO. Ses remparts, son amphithéâtre surplombant la mer et son centre historique respirent l’histoire et la Méditerranée.

L’ensemble archéologique de Tarraco, inscrit au patrimoine de l’humanité par l’UNESCO depuis 2000, comprend des monuments impressionnants comme l’amphithéâtre romain construit au IIe siècle face à la mer, le cirque romain où se déroulaient les courses de chars, et le forum. Se retrouver devant des gradins romains qui regardent directement la Méditerranée, c’est l’un de ces moments qui donne l’impression d’avoir vraiment voyagé plutôt que d’avoir seulement posé une serviette quelque part.

La ville fonctionne aussi bien comme base. Le printemps et l’automne sont des saisons modérées en termes de climat et de fréquentation. Les mois de mars à juin et de septembre à octobre permettent de profiter de températures agréables et offrent plus de flexibilité sur les prix de l’hébergement. : le même soleil catalan, à moitié prix, sans file d’attente.

Quand y aller, et comment s’organiser

La règle vaut pour toute la costa : éviter août comme la peste. À la différence des plages connues, la fréquentation reste raisonnable, y compris en plein mois d’août sur plusieurs secteurs de la Costa Daurada, mais c’est précisément parce qu’ils restent hors des circuits habituels. Pour les conditions idéales, mai-juin et septembre-octobre restent la fenêtre parfaite.

Entre Cambrils et l’Ampolla, la côte devient plus accidentée. Même si l’on trouve encore de grandes plages de sable, certains secteurs sont plus rocheux et laissent place à de petites criques. C’est précisément dans ce tronçon, moins médiatisé, que se concentrent les meilleures surprises.

La question que beaucoup oublient de poser avant de réserver leur semaine à Lloret de Mar pour la quatrième fois : est-ce que je cherche à voir les mêmes photos qu’Instagram, ou à trouver quelque chose que mes voisins n’ont pas encore découvert ? La Costa Daurada, pour l’instant, penche encore du bon côté de cette réponse.