Les restrictions de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) sont entrées en vigueur le 27 mars 2026. Elles ont été approuvées par les 36 États membres de son Conseil et s’appliquent aux 193 pays membres. Les passagers des vols internationaux sont limités à deux batteries externes en cabine, et leur recharge est interdite. L’agent qui impose d’abandonner la troisième au contrôle ne fait donc pas du zèle : il applique un texte récent, que beaucoup de voyageurs n’ont pas encore croisé.
Deux batteries par passager, pas une de plus.
- L’OACI impose une limite de deux batteries externes par passager en cabine depuis le 27 mars 2026.
- Chaque compagnie aérienne peut imposer des règles plus strictes que ce plancher minimum.
- Le critère décisif est l’énergie stockée en wattheures, à vérifier sur le boîtier de chaque batterie.
Une règle récente, calée sur les consignes de l’IATA
Le texte pose plusieurs obligations. Les batteries doivent voyager en bagage cabine, ne doivent pas être rechargées à bord, et chaque personne ne peut en transporter que deux. L’Association internationale du transport aérien (IATA) y ajoute une recommandation : ne pas s’en servir pour recharger un appareil électronique pendant le vol. Cette recommandation n’est pas une interdiction, mais certaines compagnies l’ont déjà transformée en règle.
Le calendrier explique la surprise des voyageurs. La 67e édition du règlement IATA sur les marchandises dangereuses, applicable depuis le 1er janvier 2026, avait ouvert la voie, avant que l’OACI ne généralise la limite fin mars. Un voyageur qui a acheté ses batteries en 2023 ou 2024 a bâti son équipement sous un régime plus souple.
Les batteries en soute restent interdites, sans exception.
Derrière cette sévérité, il y a des départs de feu bien réels. Un incendie causé par une batterie en surchauffe s’est déclaré dans un coffre à bagages d’un vol Virgin Australia en juillet 2025, et il a été éteint en cabine avant de se propager. Un comparatif sectoriel avance par ailleurs que la FAA a recensé 97 incidents avérés liés aux batteries au lithium sur des avions américains en 2025. Ce chiffre vient d’un site spécialisé, pas de l’autorité elle-même, et mérite d’être recoupé.
Chaque compagnie ajoute sa propre couche
L’OACI fixe un plancher, pas un plafond. La politique du transporteur reste déterminante : une ou deux unités, lieu de rangement, usage pour charger un téléphone ou un ordinateur. Southwest, par exemple, limite chaque client à une seule batterie depuis le 20 avril 2026.
Pour les voyageurs français, les compagnies les plus courantes se répartissent ainsi. Air France accepte les batteries de 160 Wh maximum en cabine, interdit les coffres à bagages et exige un accord préalable entre 100 et 160 Wh. Elles doivent rester accessibles et ne peuvent être ni utilisées ni rechargées à bord. Ryanair autorise deux batteries de 100 Wh ou moins, à garder sur soi ou dans le petit bagage sous le siège. easyJet tolère deux batteries de 160 Wh chacune, mais interdit de s’en servir pour recharger un smartphone ou une tablette pendant le vol.
Depuis le 15 janvier 2026, le groupe Lufthansa (Swiss, Austrian, Brussels Airlines, Eurowings, Discover, Edelweiss, Air Dolomiti) applique lui aussi des règles nettement plus strictes. Cela concerne beaucoup de trajets au départ de Paris, Strasbourg ou Nice avec correspondance à Francfort ou Zurich.
Les comparatifs en ligne ne s’accordent d’ailleurs pas toujours entre eux. Certains attribuent encore à Transavia une tolérance allant jusqu’à vingt batteries de 100 Wh maximum. Face à une telle divergence, mieux vaut s’en tenir au texte de la compagnie le jour du départ.
Partir avec deux batteries sans rien abandonner
Le critère décisif reste l’énergie stockée, exprimée en wattheures. Les 100 Wh autorisés correspondent à environ 27 000 mAh. Le calcul tient en une ligne : capacité en mAh multipliée par la tension (3,7 V pour une cellule classique) puis divisée par 1 000.
Deux batteries de 20 000 mAh pèsent 74 Wh chacune.
Ce format convient à la plupart des trajets, car il laisse de la marge sous le seuil de 100 Wh. Une seule batterie de 30 000 mAh dépasserait en revanche cette limite, soit environ 111 Wh, et déclencherait la procédure d’accord préalable chez Air France. Lisez donc la mention en Wh imprimée sur le boîtier, et si elle manque, laissez la batterie à la maison.
Pour un long voyage, trois leviers permettent de remplacer la troisième batterie. Recharger l’une des deux dans la salle d’embarquement avant le décollage est possible, puisque l’interdiction vise la recharge à bord. Les prises des hôtels et des gares de correspondance suffisent ensuite pour les escales. Enfin, un chargeur mural à plusieurs ports permet de remplir téléphone, montre et écouteurs en une seule fois.
Avant de partir, il reste à vérifier l’échéance suivante. Un site spécialisé annonce l’entrée en vigueur de la 68e édition du règlement IATA en janvier 2027. Les règles peuvent donc encore bouger, et la page « bagages » de votre compagnie, consultée la veille du vol, fait foi.
Sources : jechange.fr | mobisun.com