Un voyageur en partance pour Séoul a réglé 39 euros pour obtenir sa carte d’arrivée électronique, persuadé de remplir une formalité obligatoire. Depuis janvier 2026, les cartes d’arrivée papier ont été officiellement supprimées en Corée du Sud, remplacées par l’e-Arrival Card obligatoire et gratuite pour tous les visiteurs étrangers sans K-ETA, à soumettre via le portail officiel dans les 72 heures précédant le vol. Sur le site gouvernemental réel, la même déclaration ne coûte rien.
Le tarif officiel de ce formulaire s’élève à zéro euro.
Depuis le 1er janvier 2026, la e-Arrival Card est devenue obligatoire et remplace le formulaire de déclaration d’entrée qu’on remplissait autrefois dans l’avion. La version papier n’est désormais disponible qu’à titre exceptionnel. Cette bascule numérique, pensée pour fluidifier les contrôles à Incheon et dans les autres aéroports coréens, a ouvert une brèche pour des sites qui profitent de la confusion des voyageurs pressés. Le formulaire officiel reste accessible via e-arrivalcard.go.kr, seule adresse reconnue par les autorités.
Le procédé n’a rien d’isolé. Des recherches pour « Korea arrival card » font remonter des annonces payantes de sites tiers qui facturent entre 10 et 140 dollars pour « traiter » le formulaire, alors que le site officiel est totalement gratuit. Un montant de 39 euros s’inscrit parfaitement dans cette fourchette, et coïncide même, curieusement, avec une autre arnaque bien connue en France : un site qui propose une pré-demande de carte nationale d’identité contre 39 euros, alors que la démarche est gratuite. Même chiffre, même ressort psychologique : faire croire à des frais administratifs incontournables.
Le mécanisme repose sur un classique du référencement payant. La plupart des touristes se font piéger en cherchant le portail sur Google et en cliquant sur une annonce sponsorisée qui apparaît avant le vrai lien gouvernemental. Des sites frauduleux ont été détectés récemment, qui imitent le système officiel et tentent de facturer les utilisateurs.
Les autorités coréennes elles-mêmes ont dû réagir publiquement.
Le ministère de la Justice a signalé la découverte de faux sites imitant le service officiel de l’e-Arrival Card, rappelant que la seule adresse valable est www.e-arrivalcard.go.kr et que tout site réclamant un paiement n’est pas un service officiel. Le message a été relayé sur les réseaux sociaux du service de l’immigration coréen, preuve que le phénomène a pris assez d’ampleur pour justifier une communication directe. Les ambassades étrangères en Corée du Sud relaient désormais le même avertissement à leurs ressortissants.
Le gouvernement du Canada alerte lui aussi sur des escroqueries en ligne liées à la carte d’arrivée électronique, rappelant que ce service est gratuit et qu’aucun site facturant des frais ne doit être utilisé. France Diplomatie confirme la même règle pour les voyageurs français.
- La e-Arrival Card coréenne est obligatoire depuis janvier 2026 et totalement gratuite via e-arrivalcard.go.kr
- Des sites frauduleurs facturent entre 10 et 140 dollars pour remplir ce formulaire en imitant le portail officiel
- Le suffixe .go.kr est le seul repère fiable pour accéder au vrai service gouvernemental coréen
Comment repérer le vrai site et remplir sans risque
Le formulaire officiel ne demande que des informations basiques : nom et prénom tels qu’ils figurent sur le passeport, date de naissance, date d’arrivée, numéro de vol et adresse complète de l’hébergement en Corée. Aucun numéro de carte bancaire n’est jamais réclamé sur la version gouvernementale. Le suffixe .go.kr reste le seul repère fiable, celui de n’importe quel service public coréen en ligne.
Un site qui demande un paiement n’est jamais officiel.
Il ne faut pas confondre cette déclaration d’entrée avec le K-ETA, l’autorisation de voyage électronique. Le K-ETA coûte environ 8 euros et dispense son titulaire de remplir la carte d’arrivée à l’entrée sur le territoire. Son obligation reste toutefois suspendue jusqu’au 31 décembre 2026, ce qui explique pourquoi la majorité des touristes français passent aujourd’hui par l’e-Arrival Card plutôt que par le K-ETA payant.
Une arnaque qui dépasse la seule Corée du Sud
Le consulat de France à Shanghai a lui aussi dû publier une mise en garde similaire pour ses ressortissants de passage en Chine, preuve que le procédé se propage à l’échelle régionale. Des sites frauduleux imitant les systèmes officiels de déclaration d’arrivée en ligne ont été détectés dans plusieurs pays d’Asie.
La Corée du Sud s’inscrit dans un mouvement régional plus large vers les déclarations d’arrivée numériques : Singapour a supprimé ses cartes papier de débarquement et d’embarquement dès le 27 mars 2020, avec un formulaire tout aussi gratuit. Cette nouveauté concerne d’ailleurs d’autres pays d’Asie en 2026, ce qui laisse présager que le même type de faux sites va continuer à fleurir ailleurs. Pour les voyageurs habitués aux formalités papier, la dématérialisation crée une fenêtre de vulnérabilité que les escrocs exploitent méthodiquement. Le réflexe le plus sûr reste de taper l’adresse officielle directement dans le navigateur plutôt que de cliquer sur le premier résultat venu.
Le portail officiel coréen fonctionne en sept langues, dont le français n’en fait pas partie, mais l’anglais suffit pour éviter toute confusion sur le prix : zéro.
Sources : french.shanghai.gov.cn | diplomatie.gouv.fr | e-arrivalcard.go.kr